Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





26 mai 2026

Marine : programme ASWF, un « échange de bons procédés » franco-belge ?

© Damen.

La publication du « Defensie ProjectenOverzicht 2026 »1 provoquait stupeur, peut être même de l'agacement, voire de la vexation et même du ressentiment2 en Belgique. Le programme Anti-Submarine Warfare Frigate (ASWF) ne permettrait la livraison de l'ASWF n°2 pour la Marine que courant 2034 (au lieu de 2027)3, voire même 20354. Soit 7 à 8 ans de retard et un nouveau5 renchérissement du coût du programme d'au moins 250 millions€6. Deux « rumeurs » - dont la première recèle une certaine base factuelle – semblent illustrer les marges de manœuvre politiques belges pour essayer d'amener la partie néerlandaise à « renverser la vapeur ». Le risque pour Bruxelles est la « rupture capacitaire » : aucune frégates en état de prendre la mer avant 2030. La « rumeur FDI » mérite considération car pouvant constituer un « échanges de bons procédés » pour les parties belges et françaises, sans dénoncer « BeNeSAM ».

30 novembre 2016, Jeanine HENNIS-PLASSCHAER, Minister van Defensie (05 novembre 2012 - 04 octobre 2017), et Steven VANDEPUT, Ministre fédérale belge de la Défense (11 octobre 2014 – 12 novembre 2018) signaient un protocole d'accord dans l’objectif d'aboutir à la signature d'un protocole d'entente (MoU)7 en 2018 devant permettre le remplacement des frégates et chasseurs de mines opérées par les Koninklijke Marine et Marine. Puis, le 06 mars 2017, Jeanine HENNIS-PLASSCHAER et Steven VANDEPUT signaient deux « Program Arrangements » définissant le cadre d'exercice des deux équipes de projet devant définir les spécifications opérationnelles des nouveaux bâtiments de surface.

Le protocole d'entente aurait dû être signé le 29 mai 2018 lors des « consultations Thalassa » dû être reportée en raison de l'attenat de Liège (29 mai 2018). C'était finalement en marge d'une réunion des ministres de la Défense de l’OTAN (07-08 juin 2018) qu'Ank BIJLEVELD, nouvelle Minister van Defensie (26 octobre 2017 - 17 septembre 2021) et Steven VANDEPUT signaient deux protocoles d'entente (MoU) le 07 juin 2018, devant permettre l'acquisition commune de douze nouveaux bâtiments de guerre des mines (budget estimé : ~2 000 millions€) et de quatre frégates (budget estimé : 1 200 à 2 500 millions€). La Belgique prenait la direction du programme de remplacement des Chasseurs de Mines Triparties (CMT) et pour ce faire engageait une procédure par appel d'offres européens. Le calendrier prévisionnel de livraisons devait débuter en 2023. La responsabilité du programme de frégates échouait aux Pays-Bas qui décidait d'une procédure d'acquisition par appel d'offres néerlandais. La première AWSF néerlandaise devait être livrée à partir de 2025 tandis que les deux frégates belges devront être « opérationnelles » au plus tard en 2030.

 Le « dossier d’achat » du programme Anti-Submarine Warfare Frigate (ASWF), dont la rédaction devait être consécutive au protocole d'entente (MoU) signé le 07 juin 2018, a été retardé à plusieurs reprises. Il semblerait que les difficultés rencontrées et le retard ainsi généré soit consécutive, au moins, au manque de ressources humaines allouées au programme AWSF car la priorité allait alors au programme Combat Support Ship (CSS), au point d'engendrer alors deux années de retard et des surcoûts discernables dès 20208. Par ailleurs, il était – déjà – perceptible en 2020 que la première AWSF néerlandaise devait être livrée courant 2027 – au lieu de 2025 – pour une mise en service opérationnelle en 2028.

La coopération était renommée Anti-Submarine Warfare Frigate (ASWF), le 13 janvier 2021.

 Les coûts du programme Anti-Submarine Warfare Frigate (ASWF) furent rectifiés et acceptés par les deux gouvernements réunis en conseil des ministres, le 31 mars 2023. L'enveloppe budgétraire belge dévolue à l'acquisition de deux ASWF était alors d'environ 1 200 millions d'euros (07 juin 2018, MoU) et fût portée à 2 025 millions dont 1 842 millions d'euros pour l'acquisition de deux ASWF.

22 juin 2023, Kajsa OLLONGREN, Minister van Defensie (10 janvier 2022 - 02 juillet 2024), et Ludivine Dedonder, Ministre fédérale belge de la Défense (1ier octobre 2020 - 03 février 2025), signaient, depuis la frégate De Ruyter amarrée au port d’Anvers9, le protocole d’ « accord final », modifiant les contrats existants et le protocole d'entente (MoU) du 07 juin 2018, portant acquisition de quatre Anti-Submarine Warfare Frigates (ASWF) pour les Koninklijke Marine (2) et Marine (2). Les vice-amiral René TAS, commandant de la Koninklijke Marine (09 septembre 2021 - 18 septembre 2025), et amiral de flottille Jan de BEURME, commandant la Marine (28 septembre 2020 – 28 juin 2023), assistaient à la signature. Et ce, en marge de la visite d’Etat du Roi Willem-Alexander et de la Reine Maxima accompagnés du Roi Philippe et de la Reine Mathilde, témoignant de l'importance politique accordée à l'acte.

Il est à noter que le contrat modifié comprend désormais une option pour une troisième ASWF au bénéfice de la Koninklijke Marine. Plus largement, des discussions concernant une extension de cette commande avaient cours aux Pays-Bas et en Belgique depuis un certain temps, avant même la signature du contrat10.

Il était précisé à cette occasion (22 juin 2023, « accord final ») que la construction des Anti-Submarine Warfare Frigates (ASWF) devait débuter à partir de l'année 2025. Le calendrier prévisionnel de livraisons prévoyait une première unité (ASWF n°1) livrée à la Koninklijke Marine en 2028, avec une mise en service opérationnelle en 2029, puis une deuxième au 1ier semestre 2031 (ASWF n°3). La Belgique devait être livrée en août 2030 (ASWF n°2) puis au 2ième semestre 2031 (ASWF n°4). Et les ASWF seront opérationnelles en 203211.

Tout comme il était révélé préalablement à ces signatures le calendrier prévisionnel du Retrait du Service Actif (RSA) pour désarmement des M-fregatten belges Léopold I (fin 2028) et Louise-Marie (3ième trimestre 2031) et néerlandaises Van Speijk et Van Amstel sur la période 2026-3012. Ce calendrier a été bâti expressément à partir du calendrier de livraisons des ASWF et des contraintes inhérentes à l'âge des M-fregatten pour générer du potentiel opérationnel. « Vu leur âge avancé, les frégates doivent subir une période d’entretien de 18 mois. Pourquoi ? Parce qu’il faut faire certaines interventions ou de petites modifications ou faire un entretien plus soutenu pour certains systèmes comme les capteurs pour que l’activation opérationnelle de nos frégates puisse être garantie pour une plus longue période de 42 à 48 mois au minimum »13, détaillait le CF Jurgen HELLEBUYCK (responsable programme ASWF, DGMR).

L'option portant une troisième ASWF n'était pas le choix défendu par la Koninklijke Marine qui désirait, en réalité, et déjà, deux ASWF supplémentaires14. 05 septembre 2024, le Ministerie van Defensie publiait la Defensienota 202415 (ou Defence White Paper 2024: Strong, smart, together16 en Anglais) dont certaines conséquences sont financières, par un abondement du budget militaire néerlandais supplémentaire de 09 milliards d'euros sur la période d'exécution. Il est notamment affirmé dans ledit document l'ambition que le programme Anti-Submarine Warfare Frigates (ASWF) sera « augmenté »17. C'est le magazine Alle Hens18 du Ministerie van Defensie qui contenait l'affirmation que la Koninklijke Marine bénéficie, non pas seulement de l'exercice de l'option (contrat, 22 juin 2023) portant sur une 3ième ASWF néerlandaise mais bien de la volonté de commander deux unités supplémentaires, c'est-à-dire les 3ième et 4ième ASWF.

Il est, toutefois, remarquable que cette validation politique n'ait pas été suivie par la signature d'un contrat en bonne et due forme. Au contraire, la pertinence de ce « repeat order » devait être consacré par une « D-brief » (ou « Lettre D ») devant être envoyé à la Tweede Kamer avant toute commande. Par ailleurs, il appraît que le gouvernement mettait en balance une 4ième ASWF néerlandaise avec l' « innovation » devant permettre une « extra ASW-capaciteit », c'est-à-dire des drones de surface19. Une antienne néerlandaise, déjà perceptible dès les études préliminaires du programme Walrus replacement.

Et ce, en raison des lourdes difficultés sur le « manpower », amenant certaines frégates à être dépourvues d'équipage et mises en gardiennage à quai. Sous cet angle, cela peut relever plutôt de la posture politique que de réflexions sur la stratégie génétique des forces navales. Sans oublier que les difficultés rencontrées dès l'entrée en phase de réalisation du programme ont le potentiel de justifier une posture politique attentiste.

3ième ASWF belge (pour livraison en 2033) a été consacrée par l' « accord de coalition fédérale 2025-2029 » du 31 janvier 2025, scellé par les partis fondant la coalition surnommée « Arizona ». Theo FRANCKEN, nouveau Ministre fédérale belge de la Défense par le gouvernement depuis le 03 février 2025, affirmait que « le temps de reconstruction de notre Défense a commencé » dans un discours aux ambassadeurs belges (07 février 2025). Signal du lancement de réflexions du nouveau gouvernement pour accélérer l'augmentation du budget militaire. L' « accord de Pâques » (1ier avril 2025) arraché par Bart De WEVER, Premier ministre de Belgique (03 février 2025) constituait le véritable accord de gouvernement fédéral par la traduction sur les plan fiscal et budgétaire de l’accord du 31 janvier 2025. Puis, le 24 juin 2025, Theo FRANCKEN déclarait20 que le « cabinet central » était parvenu à un accord quant à la recapitalisation de la « Vision stratégique 2030 ». Le gouvernement actait un relèvement à 2 % la part du PIB accordée à la Défense jusqu’en 2033 et à 2,5 % en 2034. 34 000 millions€ supplémentaires seront dépensés sur le reliquat de la période du document stratégique, soit entre 2025 et 2029.

C'est sous cette perspective politique qu'il s'agissait de replacer l'interview accordée par l'Amiral Tanguy BOTMAN, le 24 février 202521. Il s'exprimait notamment sur le format de la flotte de surface belge. « Deux frégates sont vraiment insuffisantes, avec trois, nous faisons déjà un pas en avant [...] Trois est le minimum nécessaire pour pouvoir déployer en permanence une frégate pour la défense collective. » Et il a été compris de son propos que le commandant de la Marine ouvrait la porte à une réflexion quant à une 4ième ASWF pour la Belgique. Il est à remarquer que la validation politique de la 3ième ASWF n'a pas été suivie depuis par une commande en bonne et due forme.

Au final, la commande des ASWF supplémentaires semble être reportée à la remise au Tweede Kamer d'une « D-brief » mi-2027, après remise des conclusions d'une « enquête » menées par le Ministerie van Defensie sur l' « innovation » et les drones de surface22. Il s'en déduit que la Belgique se remet à cette procédure et ce calendrier.

L'entrée en phase de réalisation du programme Anti-Submarine Warfare Frigates (ASWF) est un acte manqué. En effet, la cérémonie de découpe de la 1ière tôle de l'ASWF n°1 aurait dû avoir lieu « début 2025 »23 au chanter naval Damen de Galati, en Roumanie, dans l'optique d'une livraisons de l'ASWF n°1 néerlandaise en septembre 2029. Puis face à l'absence de commencement d'exécuton, il a été précisé qu'elle aurait lieu à l'été 202524. La date du 1ier juillet 2025 circulait dans les coursives25. Et la découpe de la 1ière tôle de l'ASWF n°1 n'a, en réalité, jamais eu lieu jusqu'à aujourd'hui.

Faute de raisons explicitement et publiquement avancées par le Ministerie van Defensie et Damen, plusieurs hypothèses sont à formuler. Contrairement aux dénégations26, les difficultés calendaires du programme ASWF sont étonnamment similaires à celles rencontrées sur le programme F126 dont la construction est effectivement suspendue, malgré la cérémonie de dépose de la quille27. Et il est à suspecter que l'emploi de la solution logicielle « 3DExperience »28 (Dassault système) sur le programme F126 le soit également sur le programme ASWF. La manifeste mauvaise planification des travaux subséquents à ce basculement logiciel serait la source de ces difficultés. « 3DExperience » devait permettre à Damen Vlissingen de remplacer « les plus de deux cents systèmes informatiques et bases de données »29 employés pour la conception. Et ce, alors même ce chantier logiciel était perçu comme une mesure devant accélérer la construction, en 202030. L es programmes F126 et ASWF sont au « point mort » de leur industrialisation et le dénominateur commun est Damen.

Aussi, la deuxième difficulté principale résiderait dans la conception de l'USV devant recevoir le sonar BlueWatcher (Thales), c'est-à-dire celui du kit ASM des NH90 NFH. L'abondement financier (31 mars 2023) sauvait une première fois ce programme car permettant de rester les 12 mètres des deux niches de l'avant-projet dit « RMF-22D (rev 3) » alors que l'accord financier précédent les réduisait à environ 7 mètres. Et malgré cela, un allongement supplémentaire de la poutre-navire de l'ASWF pourrait être nécessaire. L'étude de faisabilité de l'USV reposait sur une embarcation de 11,2 mètres. Selon une certaine interprétation, il serait nécessaire d'allonger les niches latérales (12 mètres de longueur (202431)) et donc la poutre-navire.

Il se dégage du dossier une certaine légèreté néerlandaise dans la conduite du programme Anti-Submarine Warfare Frigates (ASWF), tant dans l'allocation des ressources que dans le suivi des jalons et la préparation des grandes échéances. Outre la stupeur, il est difficile de ne pas soulever l'hypothèse d'un agacement belge. En vertu des deux protocoles d'entente (MoU) signaient le 07 juin 2018, la Belgique prenait la responsabilité du programme de remplacement des Chasseurs de Mines Tripartite (CMT) : la classe City, les remplaçant, accuse un retard d'environ deux années sur le calendrier prévisionnel des livraisons. Mais huit des douze unités sont à divers stades d'achèvement et le nouveau calendrier de livraisons est respecté.

Est-ce qu'il y aurait une nonchalance, voire une indifférence néerlandaise pouvant constituer une succession de vexations pour la partie Belge ? La Marine doit gérer le retrait du service actif des frégates Léopold I (fin 2028) et Louise-Marie (3ième trimestre 2031).

La première solution abordée est une prolongation au servie d'une ou deux de ces unités afin d'essayer de « tuiler » ces deux frégates avec leurs successeurs pouvant être livrées sur les années 2034-36, voire plutôt 2035-36 selon l'esquisse se dégageant des données actuelles. Il y a une étude, en ce sens, mais « les Pays-Bas seraient également lents dans cette étude32. »

La deuxième solution, la Belgique envisage même l'acquisition d'une ou plusieurs frégates de « seconde main » à une marine étrangère. Et l'idée semble avoir été soulevée d'une « location » de frégates néerlandaises actuellement dépourvues d'équipage. Une des quatre De Zeven Provinciën (programme Luchtverdedigings- en CommandoFregat (LCF)) actuellement sans équipage et gardiennée à quai ? « Mieux vaut un LCF arborant un pavillon néerlandais à quai qu'un LCF arborant un pavillon belge en mer. »33 Et de remarquer que la dernière M-fregatten néerlandaise, le Van Speijk, n'a pas été proposée alors qu'il a été retiré du service actif à l'été 2021, en raison de l'incapacité de la Koninklijke Marine à constituer un équipage complet.

C'est sous cet angle qu'est soulevé la potentielle succession de vexations : les Pays-Bas ont échoué à livrer les frégates dont le coût a – déjà – doublé. Dans le cadre de la coopération BeNeSAM il est rappelé au partenaire Belge qu'il n'est pas ni apte, ni « digne » de barrer certaines unités de la Koninklijke Marine. Et la rupture capacitaire subie par la Marine est prise avec une insoupçonnable légèreté néerlandaise, comme s'il n'y avait aucune responsabilité particulière. « Les Néerlandais pensent évidemment que c'est "très malheureux" pour nous, mais c'est à peu près tout34 ».

Il y eut une première « rumeur » : un certain Jan van de VLOOT affirmait35, le 07 mars 2026, que « des rumeurs internes au sein de la Marine belge font état de sérieux doutes concernant l'ASWF, la FDI étant évoqué comme une "alternative sérieuse" ». Xavier VAVASSEUR, rédacteur en chef de Naval News, donnait corps à la rumeur36. Et plusieurs papiers de presse l'évoquaient. Nul démenti n'est venu entraver sa propagation.

Une deuxième « rumeur »37 se rapporte à la mission économique belge (428 participants) conduite en Turquie (10-12 mai 2026) et emmenée par Sa Majesté la reine Mathilde (10-14 mai 2026). Il y avait un volet Défense à ce déplacement. « Ils ont discuté de la possibilité de confier à [un] chantier naval turc SEDEF la construction [des] trois frégates ASWF prévues. Si un contrat est signé, alors les trois navires devront être construits dans une période de 36 mois ».

À défaut de pouvoir les vérifier, osons relever que ces deux rumeurs ont ceci de remarquable qu'elles paraissent illustrer les marges de manœuvre politique belges. Le seul contrat en vigueur est celui signé le 23 juin 2023 et ne concerne que les ASWF n°1 et 2 belges. Rien n'empêche l'abandon de la troisième unité, malgré sa validation politique (31 janvier 2025). Et il est à souligner que la « rumeur FDI » circulerait surtout en Belgique... Par ailleurs, la deuxième rumeur invite à considérer qu'il puisse y avoir des pressions belges afin d' « inviter » le Ministerie van Defensie et Damen à « forcer » la priorité accordée au programme Anti-Submarine Warfare Frigates (ASWF). D'autres rumeurs, moins cristallisées, affirment qu'il y aurait un problème de disponibilité des cales au chanter naval Damen de Galati, en Roumanie.

Il résulte de tout cela que la prolongation des Léopold I (fin 2028) et Louise-Marie (3ième trimestre 2031) serait très difficile, voire impossible. Sinon, pourquoi essayer de trouver d'autres coques comme solution intérimaire ? La « rumeur FDI » peut être le point de départ d'un « échanges de bons procédés » pour les parties belges et françaises, sans dénoncer « BeNeSAM ».

Le besoin de la Belgique est de bénéficier à l'horizon 2028-31 d'au moins une nouvelle frégate pouvant remplir les missions nationales et les contributions OTAN. Et Naval group peut s'engager sur une disponibilité technico-opérationnelle d'environ 80% pendant plusieurs années, ce qui est démontré. Il y aurait trois types de solutions, selon qu'il s'agisse de procéder à une « location » ou à une « acquisition ».

La « location » d'une frégate actuellement en construction est envisageable car ayant déjà été proposée (F70 ASM, Grèce). Les FDI n°2 Amiral Louzeau ou FDI MN n°3 Amiral Castex peuvent être rendues rapidement disponibles à cet effet. Le produit de la location pouvant intéresser la Marine nationale serait une participation belge au financement de certains programmes du standard 2 du programme FDI, à l'instar du Lanceur Modulaire Polyvalent (LMP) et du SYLVER A70 Mk2/NG, à hauteur du « loyer » d'usage pour la mise à disposition d'une frégate et devant intégrer le coût annuel du maintien en condition opérationnelle qui serait toujours effectué à Lorient. L'équipage belge, à la manière de ce qui a déjà été conduit pour trois équipages grecs, s'intégrerait dans le dispositif de formation.

Il y a une variante à la location qui serait plus audacieuse sur le plan financier : la Belgique louerait une FDI de facture neuve. Le « loyer » serait le coût financier de l'engagement de la commande par Bruxelles et une décote calculée lors de la conclusion du contrat, devant correspondre à l'usure générée par les opérations devant aboutir à un arrêt technique majeur assumé par la partie française. L'intérêt de la Marine nationale serait de récupérer cette « sixième » FDI qui permettrait de hausser le format des frégates de premier rang de 15 à 16 unités, voire peut être 17 si la Belgique souhaitait accélérer le retrait du service des deux M-fregatten.

La cession sur cale des FDI n°2 Amiral Louzeau et FDI MN n°3 Amiral Castex serait une opération financière d'une toute autre ampleur, bien que jaugeant « seulement » un peu moins que le coût d'une seule Anti-Submarine Warfare Frigates (ASWF). Et cela bouleverserait l'organisation de la Marine car devant effectivement consacrer une deuxième infrastructure afin d'opérer ces frégates. Sous cette perspective, l'intérêt français serait de reprendre la « véritable » méthode italienne du roulement des versions : ces FDI standard 1 ne seraient pas livrées mais remplacées par deux coques à mettre en chantier conjointement avec les quatre FDI SE et donc les quatre FDI MN pendantes afin qu'elles soient nativement construites au standard 2 et peut-être même avec une définition matérielle améliorée.





1  « Defensie ProjectenOverzicht 2026 », Ministerie van Defensie, 20 mai 2026, URL : https://www.defensie.nl/site/binaries/site-content/collections/documents/2026/05/20/defensie-projectenoverzicht-2026/dpo-rapportage-2026.pdf, consulté le : 26 mai 2026.

2  Kasper GOOSSENS, « ASW-fregatten nog later, België zoekt tussenoplossing », Marine Schepen, 27 mars 2026, URL : https://premium.marineschepen.nl/asw-fregatten-nog-later-belgie-zoekt-tussenoplossing/, consulté le : 26 mai 2026.

3  Ibid., pp. 68-69.

4  Kasper GOOSSENS, 27 mars 2026, Op. Cit.

5  Renchérissement (796 millions d'euros) accepté par les conseils des ministres néerlandais et belge le 31 mars 2023, portant l'enveloppe budgétraire belge d'environ 1 229 à 2 025 millions d'euros (dépenses d'ici 2031, ajustées de l'inflation prévue à cette échéance) pour deux ASWF belges, imputable à deux principaux postes de coûts aux montants vraisemblablement partagés par les deux partenaires :

  • 554 millions d'euros sont imputables à l'inflation constatée depuis 2017. En effet, le coût sanctionnait par le protocole d'entente (Memorandum of Understanding (MoU) 2018, s'établissait en référence au coût exprimé en euros constants en 2017.

  • 411 millions d’euros sont imputables aux « Key User Requirements ».

6  Jeroen VAN HORENBEEK, « De Belgische marine heeft een groot probleem: bouw van nieuwe fregatten loopt helemaal fout », De Morgen, 23 mai 2026, URL : https://www.demorgen.be/nieuws/de-belgische-marine-heeft-een-groot-probleem-bouw-van-nieuwe-fregatten-loopt-helemaal-fout~bd31ecefe/, consulté le : 26 mai 2025.

7  Protocole d'entente : Memorandum of Understanding (MoU).

8  Marie-Madeleine COURTIAL, « La Composante Marine recevra ses nouvelles frégates d’ici 2030 », À l'avant-garde, 25 juin 2020, URL : https://defencebelgium.com/2020/06/25/la-composante-marine-recevra-ses-nouvelles-fregates-dici-2030/, consulté le : 26 mai 2026.

9  Marie-Madeleine COURTIAL, « La Belgique et les Pays-Bas ratifient l’achat en commun de quatre nouvelles frégates », À l'avant-garde, 23 juin 2023, URL : https://defencebelgium.com/2023/06/23/la-belgique-et-les-pays-bas-ratifient-lachat-en-commun-de-quatre-nouvelles-fregates/, consulté le : 26 mai 2026.

10  Jaime KARREMANN, « Plan voor twee extra fregatten voor marine », Marine Schepen, 03 septembre 2024, URL : https://marineschepen.nl/nieuws/Twee-extra-fregatten-voor-marine-030924.html, consulté le : 26 mai 2026.

11  Ibid.

12  Marie-Madeleine COURTIAL, « La frégate Léopold Ier sera retirée du service en 2028 », À l'avant-garde, 23 juin 2023, 12 juin 2023, URL : https://defencebelgium.com/2023/06/12/la-fregate-leopold-ier-sera-retiree-du-service-en-2028/, consulté le : 26 mai 2026.

13  Ibid.

14  Jaime KARREMANN, 03 septembre 2024, Op. Cit.

15  Defensienota 2024, Ministerie van Defensie, 05 septembre 2024, 55 pages, URL : https://www.defensie.nl/documenten/2024/09/05/defensienota-2024, consulté le : 26 mai 2026.

16  Defence White Paper 2024: Strong, smart, together, Ministerie van Defensie, 05 septembre 2024, 55 pages, URL : https://english.defensie.nl/documents/2024/09/05/defence-white-paper-2024, consulté le : 26 mai 2026.

17  Ministerie van Defensie, 05 septembre 2024, Op. Cit., p. 36.
«
Het aantal anti-submarine warfare (ASW) fregatten van de vloot wordt uitgebreid. Hiermee kan de marine beter voldoen aan devraag van de NAVO om langdurig en met meer voortzettingsvermogen uitvoering te geven aan de taken en operationele plannen van de NAVO. Zo wordt structurele en langdurige inzet van fregatten over meerdere assen mogelijk, bijvoorbeeld voor frequente onderzeebootbestrijding in Europese zeeën, op de Atlantische Oceaan en in het Arctisch gebied, voor inzet in de Indo-Pacific of voor taken als verdediging tegen ballistische en kruisraketten of het uitvoeren van precisieaanvallen. Bij de verwerving van deze capaciteit worden mogelijkheden voor innovatie en onbemenste elementen meegenomen ».

18  Jack OOSTHOEK et LTZ 2OC (SD) Joost MARGÉS, « Sterk, slim en samen », Alle Hens, 11 septembre 2024, URL : https://magazines.defensie.nl/allehens/2024/06/02_defensienota, consulté le : 26 mai 2026.

19  Jaime KARREMANN, « Bestelling 2 extra Nederlandse fregatten onzeker », Marine Schepen, 09 février 2025, URL : https://premium.marineschepen.nl/bestelling-2-extra-nederlandse-fregatten-onzeker/, consulté le : 26 mai 2026.

21  Kasper GOOSSENS, « Interesse in Nederlandse marineprojecten - interview commandant Belgische marine », Marine Schepen, 24 février 2025, URL : https://premium.marineschepen.nl/interesse-in-nederlandse-marineprojecten-interview-commandant-belgische-marine/, consulté le : 26 mai 2025.

Twee fregatten is echt onvoldoende, met drie zetten we al een stap voorwaarts”, zo zegt hij. “Drie is het minimum noodzakelijk om constant één fregat te kunnen inzetten voor collectieve verdediging.”

22  Jaime KARREMANN, « Extra vertraging groot deel maritieme projecten », Marine Schepen, 20 mai 2025, URL : https://premium.marineschepen.nl/extra-vertraging-groot-deel-maritieme-projecten/, consulté le : 26 mai 2026.

23  Tobias KAPPELLE, « Bouw nieuwe fregatten Nederland en België start begin 2025 », Marine Schepen, 18 mai 2024, URL : https://marineschepen.nl/nieuws/Bouw-ASW-fregatten-start-begin-2025-180524.html, consulté le : 26 mai 2026.

24  Jaime KARREMANN, « Nieuwe fregatten: complexe oorlogsschepen, berekend op wereld met drones », Marine Schepen, 22 mai 2025, URL : https://premium.marineschepen.nl/nieuwe-fregatten-complexe-oorlogsschepen-berekend-op-wereld-met-drones/, consulté le : 26 mai 2026.

25  Jaime KARREMANN, « Waarom de bouw van de ASW-fregatten nog niet is begonnen », Marine Schepen, 06 octobre 2025, URL : https://premium.marineschepen.nl/waarom-de-bouw-van-de-asw-fregatten-nog-niet-is-begonnen/, consulté le : 26 mai 2026.

26  Ibid.

27  Frank BEHLING, « Neue Verzögerung: Marine muss länger auf Fregatte F126 warten, Kieler Nachrichten », 24 mai 2025, URL : https://www.kn-online.de/schleswig-holstein/neue-verzoegerung-marine-muss-laenger-auf-fregatte-f126-warten-UINJHDJHKBAOFKRIZ4CHDET3PM.html, consulté le : 26 mai 2026.

28  Merijn RENGERS et Carola HOUTEKAMER, « Geen schip, dan ook geen geld: scheepsbouwer Damen in het nauw door vertraging Duitse fregatten », NRC, 10 juin 2025, URL : https://www.nrc.nl/nieuws/2025/06/10/geen-schip-dan-ook-geen-geld-scheepsbouwer-damen-in-het-nauw-door-vertraging-duitse-fregatten-a4896404, consulté le : 26 mai 2026.

29  Ibid.

30  Jaime KARREMANN, « Nieuwe fregatten: naast België en Nederland, mogelijk derde land », Marine Schepen, 28 juin 2020, URL : https://marineschepen.nl/nieuws/Details-nieuwe-fregatten-interview-de-waard-zuiddam-250620.html, consulté le : 26 mai 2026.

31  Richard SCOTT, « The Netherlands looks to develop an ASW USV to complement frigates », Naval News, 05 juillet 2024, URL : https://www.navalnews.com/event-news/cne-2024/2024/07/the-netherlands-looks-to-develop-an-asw-usv-to-complement-frigates/, consulté le : 26 mai 2026.

32  Jaime KARREMANN, « ASW-fregatten nog later, België zoekt tussenoplossing », Marine Schepen, 27 mars 2026, URL : https://premium.marineschepen.nl/asw-fregatten-nog-later-belgie-zoekt-tussenoplossing/, consulté le : 26 mai 2026.

33  Ibid.

« Liever een LCF met Nederlandse vlag tegen de kade dan met een Belgische vlag op zee ».

34  Jeroen VAN HORENBEEK, De Morgen, 23 mai 2026, Op. Cit.

35  Jan van de VLOOT, Twitter, tweet, 07 mars 2026, URL : https://x.com/JUitdeketting/status/2030204717381325039?s=20, consulté le : 26 mai 2026.

«
Internal rumours within the Belgian Navy reveal serious doubts arising around ASWF, with FDI being mentioned as a “serious alternative”. Wishful thinking or is contingency planning already underway? »

37  Jeff2146, Twitter, tweet, 24 mai 2026, URL : https://x.com/Jeff21461/status/2058469878223253894?s=20, consulté le : 26 mai 2026.

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