Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





mardi 21 mai 2019

Combien de sabords en 2030 ? VMF

© Inconnu.
Cette série se consacre à un sommaire exercice de prospective : à l'orée de la décennie 2030, de combien de "sabords" - entendre ici le nombre de tubes ("sabords") de tous les systèmes de lancement vertical (SLV ou VLS en anglais) cumulés - disposeront les flottes de guerre majeures ? C'est-à-dire distinguer les bâtiments de surface et sous-marins participant du concept américain de "létalité distribuée" accueillant ces systèmes de lancement vertical. La chapelle du missile remplaçant toujours celle du canon. L'exercice de prospective ne peut se révéler exact mais sert à dessiner des tendances, illustrant d'une autre manière le tonnage lancé. Premier cas avec la Voïenno-Morskoï Flot (VMF ou flotte militaire).

L'état final recherché de la marine russe à l'orée des années 2030 sera en très grande partie le résultat de la succession de deux programmes d'armement de l'État, c'est-à-dire ceux couvrant les périodes 2011 - 2020 et 2018 - 2027. Le premier est promulgué en 2011 avec un volume financier assorti de 20,7 trillions de roubles (environ 680 milliards de dollars américains) dont 5 trillions pour la VMF (26% du total). Le GPV 2018 - 2027 promulgué en 2018 bénéficie d'un volume financier similaire mais en légère baisse : 19 trillions de roubles (environ 332 milliards de dollars) dont la marine russe recevra une fraction un peu plus faible.

Aux termes de ces deux GPV, il apparaît que l'inertie de l'industrie navale russe demeure très forte tant par ses besoins propres pour entretenir, moderniser et adapter les outils de production que par la rationalisation du nombre de programmes et les éventuelles crises aux conséquences industrielles (Ukraine). Du point de vue de l'architecture de la Flotte, il existera encore l'héritage soviétique à l'échéance de la décennie 2030 qui constitue l'écrasante partie des capacités océaniques ("blue water navy"). Les classes devant remplacer ces capacités hauturières souffrent d'une cadence beaucoup trop lente, aussi observée pour les délais de modernisation des classes de bâtiment dont il s'agissait d'assurer la succession. Les nouveaux programmes, en particulier la "kaliberisation" de la marine, les plus prolifiques sont les nouvelles corvettes et les sous-marins à propulsion classique (hormis le cas particulier du Lada), soutenant le développement d'une marine côtière ("brown" et "green navy"), au point de questionner une "continentalisation" de la marine.
L'un des points remarquables mais non mis en exergue ici est qu'une partie significative de la flotte russe peut lancer des missiles sous la protection combinée de l'aviation basée à terre et des batteries côtières ou terrestres alors même qu'une fraction de cette flotte peut même naviguer sur les fleuves tandis que la portée de certains missiles (2500 km pour les 3M14K Kalibr, jusqu'à 4500 km pour un l'hypothétique mais annoncé Kalibr-M).

À l'issue du GPV 2018 - 2027, la flotte de surface de la marine russe tendrait à posséder l'ossature suivante a l'orée de la décennie 2030 :
  

 Projets

Nombre de 
bâtiments 
 Total sabords par bâtiment 


Total sabords par projet 

Nombre total sabords UKSK par bâtiment 

Nombre total sabords UKSK par projet 

SSGN 
Izd. 949 AM 
4 
72 
288 
72 
288 
SSGN 
Izd. 885M 
6 
32 
192 
0 (8 x SM-346) 
0 
SSGN 
Izd. 885 
1 
32 
32 
0 (8 x SM-346) 
0 
SSN 
Izd. 945 AM 
2 
0 
0 
0 
0 
SSN 
Izd. 971M 
2 
0 
0 
0 ("x" Kalibr via TLT) 
0 
SSN 
Izd. 971 
1 
0 
0 
0 
0 
SSK 
Izd. 677 Lada 
3 
0 
0 
4 ? 
0 
SSK 
Izd. 636.3 
12 
0 
0 
4 ? 
0 
CGN 
Izd. 1144.2M 
2 
304 
608 
80 
160 
DDGN 
Izd. 23560 Lider 
8 
136 
1088 
64 
512 
FFG 
Izd. 22350M 
12 
80 
960 
48 
576 
FFG 
Izd. 22350 
2 
56 
112 
24 
48 
FFG 
Izd. 22350 
4 
48 
192 
16 
64 
FFG 
Izd. 11356 
3 
32 
96 
8 
24 
FFLG 
Izd. 20386 
7 
24 
168 
8 
56 
FFLG 
Izd. 20385 
8 
24 

8 
64 
FFLG 
Izd. 20380 
10 
12 

0 
0 
FFLG 
Izd. 22800 
18 
8 

8 
144 
FFLG 
Izd.21631 Buyan-M
12 
8 

8 
96 
FFL 
Izd.21630 Buyan 
3 
0 
0 
0 
0 
FFLG 
Izd. 22160 
6 
0 
0 
0  (2 systèmes de missiles (4) conteneurisés sous la PLH) 
0 
Nombre total de tubes de la VMF : 
3736 
Nombre total UKSK : 
2032 

La structure ainsi dégagée de la Flotte ne peut que correspondre aux informations glanées par les spécialistes de la programmation navale russe au cours des dernières années et mises à jour régulièrement. Ce tableau n'est pas l'exacte vérité mais bien une synthèse qui se veut aussi fidèle que possible des données actuellement disponibles. Et rien ne permet de présager de la bonne exécution de l'actuel plan décennal : les inerties constatées pouvant tendre à s'améliorer... ou non.

Deux nombres ont été particulièrement distingués : non seulement le nombre de sabords mais également celui des silos des systèmes UKSK. Le premier englobe tous les systèmes de lancement vertical sans distinction des types de munitions acceuillies. En soustrayant le nombre de sabords UKSK au total, il s'agit de constater que 1704 silos (45,6%) servent presque tous à recevoir des missiles de défense aérienne, toutes les portées confondues. Les 2032 tubes (54,4%) cumulés des systèmes UKSK constituent d'une certaine manière le potentiel offensif de la flotte du point de vue des missiles. La souplesse inhérente à l'UKSK étant que ces missiles peuvent être anti-navires (P-800 Oniks, 3M22 Tsirkon, 3M54T Kalibr) ou d'action vers la terre (3M14K Kalibr).

Sur 97 bâtiments de combat dotés d'un ou plusieurs systèmes de lancement vertical, il y a une moyenne toute théorique de 38,5 tubes par bâtiment. Mais force est aussi de constater que sur ces 3736 tubes, les deux "croiseurs de bataille" du projet 1144.2M (608 missiles, ensemble) ainsi que les 8 destroyers lance-missiles à propulsion nucléaire du projet 23560 Lider (1088 missiles, ensemble) représentent 45,4% du nombre total de tubes de la VMF à eux-seuls. Hormis ces dix croiseurs, la moyenne de tubes par bâtiment de combat chute à 23,4 tubes.

Le constat est fort similaire pour la sous-marinade russe puisque sur un total de 512 tubes disposés à bord des 11 SSGN russes, un peu plus de la moitié (288) sont ensilotés à bord des 4 projet 949 AM dont il n'est même pas assuré que cette cible du programme de modernisation des projet 949A Oscar II soit respectée. Et les années 2030 correspondent pour tous les projet 949A et AM à leur retrait de service si tel n'était pas déjà le cas dès les anneés 2020. Sur 31 sous-marins, la moyenne de tubes par bâtiment est de seulement 16. Hormis les 11 SSGN, aucun autre sous-marin russe ne porte des tubes de lancement vertical. Mais 17 de ces sous-marins non dotés d'un tel système peuvent toutefois, par exemple, tirés des 3M14K Kalibr par les tubes lance-torpilles avec une dotation supposée d'un minimum de 4 de ces missiles par bâtiment dans le cas des projet 636.3.

À l'orée des années 2030 la Russie pourrait aligner jusqu'à un maximum, selon les actuelles perspectives, de 3736 missiles dont 54,6% sont consacrés au potentiel offensif, 45,6% à la protection des plateformes en auto-défense ou au bénéfice d'un groupe naval constitué.


Bibliographie :

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