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© Mychele DANIAU - AFP. Le Sous-marin Nucléaire Lanceur d'Engins Le Terrible, à l'occasion de son lancement, le 21 mars 2008, à Cherbourg. |
Mes remerciements à la rédaction de La Vigie pour avoir accepté et publié ce papier qui est ici proposé à la lecture, après en avoir laissé l'exclusivité aux lecteurs de la lettre d'analyse stratégique éponyme dirigée par Jean DUFOURQ et Olivier KEMPF.
Quand Emmanuel MACRON énonçait « what we are currently experiencing is the brain death of NATO »1, nous observions la relance d'un débat européen autour de la énième proposition française d'une dissuasion élargie. L'argument-maître opposé est l'incapacité alléguée des forces nucléaires françaises de remplacer la dissuasion nucléaire américaine. Et la preuve en serait que la France n'aurait pas un nombre suffisant de têtes nucléaires. La réélection de Donald J. TRUMP (04 novembre 2024) relance le débat, tout en confortant cet axiome. Quel paradoxe : 290 têtes nucléaires déployées françaises suffiraient à vitrifier la « Russie utile ». Mais prétendre s'appuyer sur elles pour faire bénéficier l'Europe d'une dissuasion élargie française exigerait de Paris une capacité de destruction encore plus grande. Ce curieux résultat illustrerait l'incapacité des Européens à penser le nucléaire. La sensation de perdre le bénéfice de la dissuasion élargie américaine les verrait immédiatement se mettre à élaborer une pensée nucléaire, selon des rationalités employées en France depuis 1960.




