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Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





mercredi 30 novembre 2016

Franklin et le passage du Nord-ouest

© Inconnu.
L'Amiral Benoit Chomel de Jarnieu, en plus de nous avoir offert un entretien, nous fait l'honneur de commettre ce billet. Ne ménageant pas ses efforts au service de la stratégie navale théorique, il réédite (La cambuse des introuvables) des ouvrages fondateurs du genre comme, par exemple,  Le grand état major naval (Raoul Castex, 1909) ou Les enseignements maritimes de la guerre anti-germanique (René Davenuy, 1919).

Les membres de notre communauté maritime n’auront pas manqué, j’en suis sûr, d’être intrigués lorsque, il y a quelques jours, le journal télévisé, laconiquement certes, évoquait une nouvelle fort intéressante : le second navire de Franklin venait d’être retrouvé dans l’Arctique.

Je doute que beaucoup de nos compatriotes aient saisi de quoi il retournait. Et pourtant ! Avec la découverte de ce navire près de la Terre Victoria, c’est un long chapitre de découvertes maritimes qui se ferme.

On se souvient que la quête du fameux Passage du Nord-ouest, celui qui permettrait de relier l’Atlantique au Pacifique d’Est en Ouest, dura près de cinq cents ans. Elle débuta en effet dès 1500. Puis Frobisher à la fin du 16ème siècle, Davis, Hudson, Baffin, Moore, Smith, Ross, Parry, au 17ème et 18ème siècle, tentèrent à leur tour l’aventure sans succès réel mais avec à chaque tentative une meilleure approche de ces contrées arctiques et de leurs dangers.

Une légende ou rumeur courait, laissant entendre qu’il fallait emprunter un labyrinthe pour découvrir ce Passage du Nord-ouest et, effectivement, là fut la clé du succès : rien ne servait de tenter une traversée Est-Ouest aux latitudes 73/74° Nord. Les conditions météorologiques exécrables, vents, températures, interdisaient tout franchissement et l’épaisseur de la banquise était telle que les expéditions terminaient le plus souvent tragiquement. Mac Clure et son Investigator, s’y aventurant pourtant en 1850, fut certain d’avoir devant lui un débouché et fut reconnu par l’Amirauté comme le découvreur du passage mais sans pouvoir toutefois le forcer.

En fait, il fallait, une fois embouqué Est-Ouest le détroit de Lancaster, par 74° de latitude Nord, à partir de la mer de Baffin, tenter de redescendre par une route sud-ouest vers des latitudes plus tempérées (tout est relatif) de 70°Nord, davantage à l’abri des îles et dans des eaux à peu libres à la navigation. C’est en tout cas ce que réussira Amundsen en 1905 mais qu’avait déjà pressenti Parry en 1824.

Et John Franklin, me direz-vous ? Cet officier de marine, mousse à 14 ans à la bataille de Copenhague, consacra sa vie aux explorations arctiques et à la recherche du passage du Nord-ouest. Dès 1820, c’est à pied qu’il décida de parfaire la connaissance des côtes arctiques du Grand-nord canadien et parvint quasiment à percer le Passage en 1826 n’ayant plus, en fait, que 100 N à parvenir pour établir la jonction avec l’Ouest et étant parvenu à la limite des explorations de Cook menées en sens inverse, un siècle auparavant, à partir du Pacifique.

De 1820 à 1840, les expéditions se succèdent, notamment avec Parry dont les relevés inspirèrent largement Franklin par la suite. Ce dernier repart en effet en 1845 avec les navires Erebus et Terror mais pour ne jamais revenir. Il avait alors près de 60 ans.

Près de quarante expéditions furent montées avant d’en savoir plus sur le destin de Franklin et de ses compagnons, parmi lesquelles celle de Mac Clure en 1850 souvent à l’instigation de la veuve de Franklin, Lady Jane, qui montra en la matière une ténacité incomparable. 
© Inconnu.
En 1851, un nommé Kennedy repart avec le Prince Albert. Il embarque à son bord un jeune officier de marine français, Bellot. Passionné par l’Arctique et la recherche de l’expédition Franklin, il apporta un soutien constant à Lady Franklin qu’il considérait un peu comme sa mère. Il aura la prescience qu’une expédition ne peut réussir que si elle combine des moyens d’action maritimes et terrestres.

Bellot repart en 1853 avec le Phenix mais ne reviendra pas, lui non plus. Il laisse son nom à un détroit entre les détroits de … Franklin et du Prince-Albert. Il y a au cimetière de Rochefort un monument à son souvenir : une chaloupe renversée soutenue par quatre ours polaires avec l’inscription « A la mémoire du lieutenant Bellot, mort dans les mers polaires, à la recherche de Sir John Franklin ».
© Inconnu.
C’est finalement en 1854 que fut relancée la recherche de Franklin lorsque parvint à Londres la nouvelle que des objets apprenant à l’expédition Franklin avaient été retrouvés et que des Esquimaux se souvenaient du passage de ces Blancs.

Mac Clintock avec le Fox partit en 1857 et rapporta les détails de la disparition de Franklin, à partir d’un message retrouvé sous un cairn. Le Terror et l’Erebus restaient cependant non localisés ainsi que les 135 hommes de l’expédition.

L'Erebus a été retrouvée le 7 septembre 2014 à l'aide d'un véhicule sous-marin télécommandé et la cloche du navire a été récupérée.

C’est aujourd’hui, en septembre 2016 que la seconde épave, celle du Terror, est découverte par vingt-quatre mètres de fond soit plus de cent soixante-dix ans de son départ de Londres.

Ainsi s’achève une des recherches les plus mythiques des expéditions maritimes.


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