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Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





mardi 8 novembre 2016

HIL Marine : retour vers le futur ?


© Inconnu. AS. 332F Super Puma en 1983.

Les dernières difficultés rencontrées par le NH90 NFH dépassent le cadre d'une jeunesse opérationnelle mouvementée dans la mesure où c'est le soutien industriel à la voilure tournante, sur le long terme, qui est remis en cause. Ce qui pourrait entraîner quelques incidences sur le programme HIL et donc à questionner la servitude technologique car l'aéronavale doit reposer sur des hélicoptères disponibles.

27 NH90 NFH furent commandés (cible initiale de 60 machines) en l'an 2000 pour des livraisons qui débutaient seulement en 2010 et devraient s'achever en 2021. Actuellement, la disponibilité opérationnelle (41%) des NH90 est suffisamment exécrable (7 machines disponibles sur 17) pour qu'il y ait lieu d'interroger celle des Alouette III... L'outil est excellent mais d'une rareté déplorable.

Les récents propos du Délégué Général pour l’Armement (DGA) peuvent inquiéter. Il avance que l'industriel, NHI Industrie, se serait déjà "désintéressé" du produit. Le NH90 a-t-il un avenir ? L'industriel, réunion de plusieurs concurrents, semble l'abandonner. 

Le programme HIL se doit d'en étudier les conséquences. La partie navale du programme HIL concerne un hélicoptère embarqué devant mener toutes les missions de basse voire de moyenne intensité de la Marine nationale. Celles-ci se partagent entre les missions de sauvegarde maritimes et celles de diplomatie navale, sans compter la formation et les entraînements. Depuis la terre ou un BPH (Bâtiments Porte-Hélicoptères), le HIL Marine doit pouvoir mener des missions ISR, SURMAR, SECMAR, de lutte contre les (techno)guérillas navales tout comme les trafics en tous genre (NARCOPS jusqu'à la piraterie) sans oublier le soutien aux opérations des forces spéciales ou les évacuations de ressortissants. 

Cela se traduit par une machine de plus de 4 tonnes et, partant, le caractère inter-armées du programme HIL est plus que jamais douteux car les voisins de l'ALAT et de l'Armée de l'Air se situent plus à proximité des 2 tonnes.

Les déboires du NH90 (TTH comme NFH) reviennent à écarter l'idée d'une nouvelle commande pour répondre partiellement au programme HIL. L'incapacité de l'industriel à fournir en temps et en heures les machines puis à les soutenir laisse planer le doute sur la capacité de la Marine nationale à pouvoir assurer l'embarquement des NH90 sur le porte-avions et les frégates. C'est là que la partie navale du HIL peut s'interroger sur une nécessaire redondance dans le haut du spectre dans les luttes anti-surface et même anti-sous-marine, deux milieux où les Panther entretiennent quelques capacités ou utilités. 

37 Alouette III rejoignaient la Marine dès 1962... Une quinzaine de ces machines (15 à 19 selon les sources) serait encore en parc. Sur 13 Dauphin, 7 atteindront et dépasseront les 30 années de service entre 2020 et 2025. Les 16 Panther seront frappés de 30 années de service entre 2024 et 2028. Sur (environ) 44 machines actuellement en service, seules 5 le seront encore après 2030. Tout ceci pousse à des acquisitions sur le marché de l'occasion et/ou à une demande d'accélération du programme HIL. Cette dernière perspective voit le H160 faire office de grand favori tant pour des considérations opérationnelles qu'industrielles. 
 
La servitude technologique est puissante mais, alliée aux résultats de nombreux programmes de coopération européen à la méthode viciée, nous conduit à une réduction croissante des capacités opérationnelles, presque indépendamment des possibilités financières. Assurer les missions et assurer une remontée en puissance, rapidement et à un coût maîtrisé, impliquent de considérer une machine existante et éprouvée. Il n'est pas soutenable financièrement de ne viser que des plateformes technologiquement très récente car la supériorité militaire repose, aussi sur le nombre. Et dans le cadre, notamment de la sauvegarde maritime, c'est peut-être le plus important.

Le H160 serait délaissé. Le futur HIL devrait pouvoir pallier à un accident industriel complet du NH90 NFH. Reste alors le H225M. La machine est éprouvée au combat dans sa version terrestre, existe dans une version navale, notamment commandée par la Marinha do Brasil. L'appareil soutient de plus en plus difficilement les évolutions technologiques demandées car la cellule arrive en bout de course, certes. Mais il bénéficie d'un avenir à long terme eu égard aux dernières commandes, à de potentiels futurs contrats et à l'élargissement de sa base industrielle. 

La version Marine nationale recevrait le maximum des équipements et systèmes du NH90, dont la suite ASM et le radar aéroporté en ce qui concerne le haut du spectre des missions. À l'autre extrémité de ce spectre, dans une configuration simplifiée, il dégagerait le NH90 de ses missions de service public. Il les assurerait, très probablement, à un coût moindre. 

Le H225M est d'un coût voisin de celui d'un H160 à l'acquisition mais peut-être plus coûteux à l'entretien. Une rapide commande permettrait de remplacer les Panther sur les frégates de deuxième rang et donc, par effet ricochet, de sortir les Alouette III du service puis les Panther et Dauphin d'ici à 2030 (soit 44 machines ou 660 millions d'euros environ sur une base à 15 millions la machine).    

Les capacités aéronavales de la Marine nationale remonteraient en puissance tant dans la sauvegarde maritime que le combat naval. L'affaire financière est à jaugée dans un contexte où les difficultés s'accumulent autant sur des machines neuves qu'anciennes, ce qui n'est pas, non plus, sans incidence financière. Le Super Puma, hier rejeté pour diverses raisons dont la nécessité de privilégier le NH90, reviendrait alors dans la Marine nationale par le truchement de son évolution qu'est le H225M.

7 commentaires:

  1. Bonsoir,j'aimerai quand même bien comprendre quelque chose ,l'Italie est un plus gros utilisateur que nous du NFH et elle n'a pas hésité à l’acquérir avec des EH101,hors il ne me semble pas avoir lu de pareil procès de leurs coté .Personnellement ,j'ai bien du mal à comprendre ce qu'il se passe du coté de Marignane.

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    1. Si la chaîne d'assemblage de toute ou partie des NH90 est présente en Italie alors il y a peut-être un lieu de cause à effet dans l'équipement de la Marina militare. Comme vous dites, quand vous bénéficiez, déjà, d'une belle dotation en EH101 sans qu'il y ait, vraisemblablement, une telle crise sur le MCO, cela pourrait masquer quelques difficultés du NH90. Sans prétendre qu'ils existent ou non en Italie, je note que l'appareil a mauvaise presse, au moins en Allemagne et en France. Notamment, sur son MCO, parce que la contractualisation du soutien n'a pas bénéficie d'une certaine constance en France (alors que peut-être que si en Italie du fait d'une plus grosse commande mais aussi d'une absence d'usure du fait des OPEX). Plus globalement, si l'industriel est effectivement passé à autre chose, il n'y a pas grandes améliorations à espérer de son côté.

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  2. et le H175 ? Basique et de taille idéale !

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    1. Pourquoi pas : il est produit en France et répond donc à la problématique industrielle. Par contre, il aurait le même coût unitaire de production que les H160 et H225 mais sans posséder une version militarisée (contrairement au H225M) à l'instar du H160 (celle-ci reste à développer).

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    2. attention, il faudrait qu'il soit capable de remplacer le Panther. C'est donc également une solution possible comme le H160 pour un coup similaire de 15 millions de $. Il faut cependant bien vérifié l'absence de pièces produites exclusivement par les partenaires chinois.

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  3. @Anonyme:
    @Le marquis de Seignelay:
    Le statu sino-européen du H175 (sur le plan de la production...) l'exclue du programme "HForce" de militarisation de presque toute sa gamme par Airbus Helicopter.
    .
    http://www.airbushelicopters.com/website/en/ref/HForce_342.html
    .
    Par ailleurs, pygargue a tout à fait raison de rappeler qu'il s'agit de remplacer les Lynx, Dauphin et Panther (de 4/5 tonnes...) avec le HIL ou Hélicoptère Interarmées LÉGER, et que le H175 de 7,5/8 tonnes appartient à une catégorie supérieure.

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    1. Quel plaisir de vous retrouver !
      Il me semble que le caractère "léger" du programme est discutable s'il s'agit de s'orienter vers une machine de la classe des 6 tonnes presque apte à fournir un HM. Pour le reste, je crois avoir proposé une autre manière d'aborder le besoin Marine vis-à-vis du poids.

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