Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





12 mars 2026

Marine nationale : remplumer la « trame frégates » par compromis et financements innovants

© Naval group. Mise à flot de la FDI MN n°1 Amiral Ronarc'h, le 07 novembre 2022.

     La « Grande sortie » de la Flotte (environ 80% des bâtiments de combat et auxiliaires) aura deux conséquences politiques : positive, par reconnaissance de la capacité de la Marine à soutenir les demandes du Politique ; négative, par la démonstration de ce qu'il est militairement possible de faire avec moins de moyens que ceux prévus aux contrats opérationnels depuis 2008. Le débat se recentrera sur la capacité à entretenir plusieurs groupes navals sur autant de théâtres. Le Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale 2013 articulait le contrat opérationnel « Marine » notamment « sur des déploiements navals permanents dans une à deux zones maritimes1 ». Le Politique en mobilise cinq, en moyenne, depuis. Remplumer une « trame frégates », ayant atteint son point le plus bas en 2021 depuis 1975, est peut-être possible, à conditions de choix « audacieux ».

07 mars 2026

Marine nationale : nouvelles opérations « Baliste » et « Artimon » au nexus chiite ?

© @jr_amon_ceuta. 06 mars 2026.

     Lors de son allocution, Emmanuel MACRON énonçait trois priorités diplomatiques : la défense de Chypre face aux attaques aériennes iraniennes, celle du Liban, quitte à entreprendre les actions nécessaires au désarmement du Hezbollah et initiative prise d'une coalition pour rétablir la liberté de navigation du Golfe Persique au canal de Suez. L'emploi de moyens essentiellement navals interroge car le « Discours du Président de la République sur la Dissuasion nucléaire de la France »1 présentant la « Dissuasion "avancée" » est immédiatement suivi d'un abandon des exercices navals de l'OTAN. Plus largement, l'engagement du Groupe Aéronaval (GAn) sans mission officiellement mais comme contribution manifeste à l'intervention israélo-américaine contre la République islamique d'Iran porte les germes d'un entre-deux difficilement soutenable.

02 mars 2026

« Dissuasion "avancée" » : les « silences » du discours devant la « zone grise » de la dissuasion ?

© Yoan VALAT - AFP.

Emmanuel MACRON, Président de la République, prononçait un discours1 à l'Ile Longue, ce lundi 02 mars 2026. Il avait choisi comme decorum le Sous-Marin Nucléaire Lanceur d'Engins (SNLE) Le Téméraire de classe Le Triomphant. Il y fera plusieurs références dont qu'il puisse avoir reçu un lot de M51.3. Le Président a présenté la « Dissuasion "avancée" » : le plus intéressant semble être les potentialités d'actions stratégiques « sous le seuil », moins pour défaire les actions d'agression que par les facultés potentielles à circonscrire toute « sanctuarisation agressive »2. Devrions-nous relire le débat MITTERRAND-CHIRAC sur la pertinence – ou non – d'atteindre le sanctuaire soviétique par le « missiles à roulettes » (1980 – 1991), connu successivement comme SX puis S4 et, enfin, S45 ?

06 février 2026

« "Intellectual Rearmament" in the Third Nuclear Age – Refreshing the Conceptual Component of British Nuclear Deterrence »

     Daniel SKEFFINGSTON, Edward BARLOW, Harry HALEM et l'Air Marshal Edward STRINGER CB CBE (« "Intellectual Rearmament" in the Third Nuclear Age – Refreshing the Conceptual Component of British Nuclear Deterrence ») appellent l' « Intellectual Rearmament » du Royaume-Uni afin de forger de nouveaux outils pour manœuvrer dans le « sub-strategic space » et contrer des entreprises de coercition nucléaire, malgré le désengagement américain. Réflexion sans concession ni tabou qui redonne ses lettres de noblesse à un « paper policy» et pouvant peut être – enfin – déciller le regard de Français habitué aux vacuité et médiocrité de nos propres documents stratégiques.

03 février 2026

Centrale ou élargie : de la dissuasion minimale à la stratégie anti-forces ?

© Mychele DANIAU - AFP. Le Sous-marin Nucléaire Lanceur d'Engins Le Terrible, à l'occasion de son lancement, le 21 mars 2008, à Cherbourg.

Mes remerciements à la rédaction de La Vigie pour avoir accepté et publié ce papier qui est ici proposé à la lecture, après en avoir laissé l'exclusivité aux lecteurs de la lettre d'analyse stratégique éponyme dirigée par Jean DUFOURQ et Olivier KEMPF.

 

     Quand Emmanuel MACRON énonçait « what we are currently experiencing is the brain death of NATO »1, nous observions la relance d'un débat européen autour de la énième proposition française d'une dissuasion élargie. L'argument-maître opposé est l'incapacité alléguée des forces nucléaires françaises de remplacer la dissuasion nucléaire américaine. Et la preuve en serait que la France n'aurait pas un nombre suffisant de têtes nucléaires. La réélection de Donald J. TRUMP (04 novembre 2024) relance le débat, tout en confortant cet axiome. Quel paradoxe : 290 têtes nucléaires déployées françaises suffiraient à vitrifier la « Russie utile ». Mais prétendre s'appuyer sur elles pour faire bénéficier l'Europe d'une dissuasion élargie française exigerait de Paris une capacité de destruction encore plus grande. Ce curieux résultat illustrerait l'incapacité des Européens à penser le nucléaire. La sensation de perdre le bénéfice de la dissuasion élargie américaine les verrait immédiatement se mettre à élaborer une pensée nucléaire, selon des rationalités employées en France depuis 1960.

02 février 2026

Royal Navy : « a second sovereign method of delivering UK nuclear weapons » par M51.4 à bord des Dreadnought ?

 

© Latibes.

     Le journaliste britannique Francis TUSA1 rapportait, le 18 janvier 2026, l'existence d'études britanniques quant à la faisabilité technique d'un choix alternatif à l'UGM-133A Trident 2D5 Life Extension (LE) par le M51.4, avec intégration des futures têtes nucléaires britanniques Astraea A21 à la partie haute dudit missile. Le fait que le Defence Comittee de la House of Commons, commenttant les réponses du Gouvernement britannique reçues le 20 janvier 2026, puisse écrire « we have not received sufficient evidence to recommend investing in a second sovereign delivery method for nuclear deterrence, we wish to understand why the Government dismissed this option2 » paraît accréditer l'existence de ces études.

22 janvier 2026

US Navy : pourquoi un coup de douze ?

© Lockheed Martin.

     La concomitance de la présentation du programme BBG(X), le 22 décembre 2025, et de la fin des travaux de refonte du destroyer DDG-1000 USS Zumwalt, le 15 janvier 2026, oblige à constater qu'il existe manifestement un choix arrêté en faveur d'une salve de douze missiles hypersoniques « CPS » (Conventional Prompt Strike). Les possibilités matérielles permettent de faire bien plus sur les plateformes devant en être équipés. Pourquoi un coup de douze face à la République populaire de Chine ? La question nous semble mériter considération alors qu'une sorte de « New Maritime Strategy » semble émerger des décisions politiques prises par Donald J. TRUMP, 47th President of the United States (20 janvier 2025).

19 janvier 2026

Marine nationale : « Distributed Lethality », l'enjeu d'un système vertical sur les patrouilleurs hauturiers d'outre-mer

© Inconnu. Corvette Grad Sviyazhsk (Izd. 21 630).

     L'actuelle « maquette » de la Marine nationale induite par, feu, la Loi de Programmation Militaire (LPM) 2024 – 2030, entretenait l' « ambition opérationnelle » d'introduire, sur la période, la première « Corvette Hauturière » (CH) devant entamer le remplacement des frégates de surveillance classe Floréal, pour l'achever en 2035. Le remplacement desdits bâtiments, louvoyant entre « patrouilleurs » et « corvettes », gagnerait à recevoir un système de lancement vertical, conçu pour les « munitions complexes » les plus longues car ce sont les seules à détenir la profondeur opérationnelle permettant de produire un effet stratégique par l'introduction de nouvelles plateformes navales dans les outre-mer français.