Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





12 avril 2026

Marine nationale : « trames frégates », deux programmes au purgatoire ?

© Naval group.

     La publication du « Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense »1 par l'Assemblée nationale, le 10 avril 2026, permet de prendre connaissance, non seulement du texte, mais surtout du rapprot annexé à celui-ci. Selon une certaine lecture, il est possible d'avancer l'hypothèse que l'Etat-Major de la Marine (EMM) prend du champ vis-à-vis de la « trame frégates ». Le programme Corvettes Hauturières (CH) est repoussé à une hypothétique entrée en phase de réalisation en 2034, au plus tôt, tandis que l'absence discursive du programme FDI oblige à considérer que le programme est lui-aussi envoyé au purgatoire.

17 mars 2026

Baptiser un fleuron aux proportions historiques, gageure politique

© Claude SAVRIACOUTY - ECPAD. 09 mai 1994, le Président François MITTERRAND dévole le nom du porte-avions Charles de Gaulle après le prononcé d'une allocution.

     Emmanuel MACRON1, à l'occasion d'un déplacement à Naval group Indret, site industriel dont l'activité est centrée sur la propulsion navale, devrait présenter le nom de baptême choisi par lui pour le Porte-Avions de Nouvelle génération n°1 (PA-Ng n°1). Une décision n'ayant pas été prise depuis 1987 et le Porte-Avions Nucléaire n°1 (PAN n°1) baptisé Charles de Gaulle. Tout en essayant d'évoquer les contours de ce déplacement impromptu, manifestement pour tirer parti du déploiement politiquement réussi du Groupe Aéronaval (GAn) au large de Chypre (02 – 09 mars), ainsi que les forces et faiblesses d'imposer un nom de baptême : nous proposons quelques réflexions quant aux difficultés d'un exercice politique devenu exacerbé car s'étendant sur seulement une à deux unités, ne pouvant reposer sur une orthodoxie navale aux règles clairement établies. Il s'agit, rien de moins, de nommer le premier bâtiment de surface excédant les proportions des Richelieu (35 000 tW) et de leurs successeurs de 40 000 tW, les actuels maître-étalons des bases navales.

14 mars 2026

Menace de débarquement de vive force sur l'île de Kharg : prise d'un gage territorial pour forcer la décision ?

© Johnson Space Center, 13 février 2010.

     Donald J. TRUMP, 47th President of the United States (20 janvier 2025), voudrait faire croire ou acroire l'idée que son gouvernement a fait planifier un débarquement de vive force sur l'île de Kharg. Le scénario de la prise d'un tel gage territorial était formalisé par certains avant-même le déclenchement de l'intervention israélo-américaine à l'encontre de la République islamique d'Iran (28 février 2026). Malgré l'évidente prise de risques, pareille action stratégique ne serait pas sans rappeler les rationalités ayant présidé à l'intervention au Venezuela (02 – 03 janvier 2026). Et aurait valeur de « démonstration » de la capacité de l'USMC et l'US Navy à appréhender le théâtre Indo-Pacifique par l'USMC et l'US Navy.

12 mars 2026

Marine nationale : remplumer la « trame frégates » par compromis et financements innovants

© Naval group. Mise à flot de la FDI MN n°1 Amiral Ronarc'h, le 07 novembre 2022.

     La « Grande sortie » de la Flotte (environ 80% des bâtiments de combat et auxiliaires) aura deux conséquences politiques : positive, par reconnaissance de la capacité de la Marine à soutenir les demandes du Politique ; négative, par la démonstration de ce qu'il est militairement possible de faire avec moins de moyens que ceux prévus aux contrats opérationnels depuis 2008. Le débat se recentrera sur la capacité à entretenir plusieurs groupes navals sur autant de théâtres. Le Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale 2013 articulait le contrat opérationnel « Marine » notamment « sur des déploiements navals permanents dans une à deux zones maritimes1 ». Le Politique en mobilise cinq, en moyenne, depuis. Remplumer une « trame frégates », ayant atteint son point le plus bas en 2021 depuis 1975, est peut-être possible, à conditions de choix « audacieux ».

07 mars 2026

Marine nationale : nouvelles opérations « Baliste » et « Artimon » au nexus chiite ?

© @jr_amon_ceuta. 06 mars 2026.

     Lors de son allocution, Emmanuel MACRON énonçait trois priorités diplomatiques : la défense de Chypre face aux attaques aériennes iraniennes, celle du Liban, quitte à entreprendre les actions nécessaires au désarmement du Hezbollah et initiative prise d'une coalition pour rétablir la liberté de navigation du Golfe Persique au canal de Suez. L'emploi de moyens essentiellement navals interroge car le « Discours du Président de la République sur la Dissuasion nucléaire de la France »1 présentant la « Dissuasion "avancée" » est immédiatement suivi d'un abandon des exercices navals de l'OTAN. Plus largement, l'engagement du Groupe Aéronaval (GAn) sans mission officiellement mais comme contribution manifeste à l'intervention israélo-américaine contre la République islamique d'Iran porte les germes d'un entre-deux difficilement soutenable.

02 mars 2026

« Dissuasion "avancée" » : les « silences » du discours devant la « zone grise » de la dissuasion ?

© Yoan VALAT - AFP.

Emmanuel MACRON, Président de la République, prononçait un discours1 à l'Ile Longue, ce lundi 02 mars 2026. Il avait choisi comme decorum le Sous-Marin Nucléaire Lanceur d'Engins (SNLE) Le Téméraire de classe Le Triomphant. Il y fera plusieurs références dont qu'il puisse avoir reçu un lot de M51.3. Le Président a présenté la « Dissuasion "avancée" » : le plus intéressant semble être les potentialités d'actions stratégiques « sous le seuil », moins pour défaire les actions d'agression que par les facultés potentielles à circonscrire toute « sanctuarisation agressive »2. Devrions-nous relire le débat MITTERRAND-CHIRAC sur la pertinence – ou non – d'atteindre le sanctuaire soviétique par le « missiles à roulettes » (1980 – 1991), connu successivement comme SX puis S4 et, enfin, S45 ?

06 février 2026

« "Intellectual Rearmament" in the Third Nuclear Age – Refreshing the Conceptual Component of British Nuclear Deterrence »

     Daniel SKEFFINGSTON, Edward BARLOW, Harry HALEM et l'Air Marshal Edward STRINGER CB CBE (« "Intellectual Rearmament" in the Third Nuclear Age – Refreshing the Conceptual Component of British Nuclear Deterrence ») appellent l' « Intellectual Rearmament » du Royaume-Uni afin de forger de nouveaux outils pour manœuvrer dans le « sub-strategic space » et contrer des entreprises de coercition nucléaire, malgré le désengagement américain. Réflexion sans concession ni tabou qui redonne ses lettres de noblesse à un « paper policy» et pouvant peut être – enfin – déciller le regard de Français habitué aux vacuité et médiocrité de nos propres documents stratégiques.

03 février 2026

Centrale ou élargie : de la dissuasion minimale à la stratégie anti-forces ?

© Mychele DANIAU - AFP. Le Sous-marin Nucléaire Lanceur d'Engins Le Terrible, à l'occasion de son lancement, le 21 mars 2008, à Cherbourg.

Mes remerciements à la rédaction de La Vigie pour avoir accepté et publié ce papier qui est ici proposé à la lecture, après en avoir laissé l'exclusivité aux lecteurs de la lettre d'analyse stratégique éponyme dirigée par Jean DUFOURQ et Olivier KEMPF.

 

     Quand Emmanuel MACRON énonçait « what we are currently experiencing is the brain death of NATO »1, nous observions la relance d'un débat européen autour de la énième proposition française d'une dissuasion élargie. L'argument-maître opposé est l'incapacité alléguée des forces nucléaires françaises de remplacer la dissuasion nucléaire américaine. Et la preuve en serait que la France n'aurait pas un nombre suffisant de têtes nucléaires. La réélection de Donald J. TRUMP (04 novembre 2024) relance le débat, tout en confortant cet axiome. Quel paradoxe : 290 têtes nucléaires déployées françaises suffiraient à vitrifier la « Russie utile ». Mais prétendre s'appuyer sur elles pour faire bénéficier l'Europe d'une dissuasion élargie française exigerait de Paris une capacité de destruction encore plus grande. Ce curieux résultat illustrerait l'incapacité des Européens à penser le nucléaire. La sensation de perdre le bénéfice de la dissuasion élargie américaine les verrait immédiatement se mettre à élaborer une pensée nucléaire, selon des rationalités employées en France depuis 1960.