Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





11 février 2022

Marina militare : version « hybride » des « Spartaco Schergat » et « Emilio Bianchi » ?

© David B. Larter. David B. Larter, « We spent 3 days on a top contender for the Navy’s futurefrigate. Here’s what you need to know. », Defense News, 30 mai 2018.

     Des rumeurs transalpines prétendent qu'il y aurait une évolution de la définition matérielle des futures FREMM n°9Spartaco Schergat (2025 ?) - et FREMM n°10Emilio Bianchi (2026 ?) devant être des FREMM GP (General Purpose) et non pas FREMM ASW (Anti-Submarine Warfare) alors même que la Marina militare manque de bâtiments de lutte anti-sous-marines de nouvelle génération. Rumeurs qui allèguent que ces frégates constitueront une « version hybride » (GP-E (Gneral Purpose Enhanced) ?) car elles pourraient recevoir un sonar remorqué à immersion variable (Variable Depth Sonars (VDS) Actif à Très Basse Fréquence (ATBF) CAPTAS (Combined Active and Passive Towed Array Sonar) à 4249 (Thales) et bénéficier d'un traitement des obsolescences des plans mis à l'étude au milieu des années 2000, grâce à des emprunts aux Pattugliatore Polivalente d'Altura (PPA). Prélude à un remaniement de la flotte de surface italienne ?

     L'Italie entamait une nouvelle phase de ses relations politico-militaires avec l'Égypte début 2018. Il se négociait durant le premier semestre 2019 un volet naval relatif à l'acquisition de plusieurs frégates italiennes par l'Égypte. L'Unità per le Autorizzazioni dei Materiali di Armamento (UAMA) fut entretenue de ces projets en octobre 2019 et y consentait en décembre 2019. Le 21 février 2020, Fincantieri identifiait les FREMM n°9Spartaco Schergat (2020) - et FREMM n°10Emilio Bianchi (2021), dans la perspective d'un accord pouvant concerner 2 à 6 frégates.

     Fincantieri détaillait le cadre définitif de la transaction, lettre du 27 février 2020, afin de solliciter l'autorisation à poursuivre les négociations. L'UAMA, en raison de la loi n°185 de 1990, a rendu son avis quant aux conséquences sur les activités, intérêts et la sécurité des forces armées, également en ce qui concerne les théâtres d'opérations. Le 11 juin 2020, le gouvernement italien donnait son accord à la cession des deux FREMM. Le contrat a été signé courant août 2020, pour 1200 millions d'euros, assortie d'une option pour la construction de deux FREMM supplémentaires.

     La Spartaco Schergat (2020) fut mise à l'eau, en janvier 2019, initialement dans l'optique d'être livrée à la Marina militare le 5 juin 2020. Elle a bénéficié aussi de travaux d’adaptation menés par le chantier Fincantieri de Muggiano, notamment pour débarquer certains systèmes, à l'exemple des RECM Nettuno-4100 (Thales) et du CESM Altesse (Thales). Rebaptisée FFG-1002 ENS Al-Galala (2021), elle menait ses essais à la mer à partir de la fin 2019. Elle a été livrée à la Marine égyptienne le 22 décembre 2020. Après plusieurs sorties d'essais et d'entrainement en mer, l' ENS Al-Galala (2021) quittait La Spezia, le 25 décembre 2020, pour rejoindre sa nouvelle base navale d'Alexandrie où elle arrivait le 30 décembre 2020.

     L'Emilio Bianchi (2021) fut mise à l'eau, en janvier 2020, initialement dans l'optique d'être livrée à la Marina militare. Elle a bénéficié aussi de travaux d’adaptation menés par le chantier Fincantieri de Muggiano, notamment pour débarquer certains systèmes, à l'exemple des RECM Nettuno-4100 (Thales) et du CESM Altesse (Thales). Rebaptisée FFG-1003 ENS Bernees (2021), elle menait ses essais à la mer à partir de septembre 2019. Et ses essais à la mer sous les couleurs égyptiennes débutaient le 15 février 2021. Elle devrait être livrée à la Marine égyptienne au printemps 2021 (20 mars - 21 juin).

     Quelles conséquences pour la Marina militare ? La première d'entre-elles est un retard quant à la livraison de deux frégates dont la construction a été financée sur le budget de la Marina militare. Il s'est alors offert deux options pour parer à cette situation :

La première était d'affermir l'option au profit des PPA n°8, n°9 et n°10 qui expirait en mai 2021. Le Documento Programmatico Pluriennale 2019-2021 contient à cet effet de premières mesures. L'idée de manœuvre était de retenir la variante « Full » afin d'accroître la proportion de frégates de premier rang, par analogie avec la nomenclature française, et donc le nombre de bâtiments remorqueurs de sonar en accentuant cette variante sur l'emploi optimisé de la suite sonar.

La deuxième consistait dans la mise sur cale immédiate de deux nouvelles FREMM dite « de remplacement ».

Ce à quoi le stato maggiore della Marina Militare introduisait en tant que condition à l'opération d'exportation envisagée, en 2019, que deux autres unités de la « dernière génération » rejoignent la Marina militare d'ici 2024, objectif calendaire, par ailleurs, révisé depuis.

Le contrat portant la partie réalisation du programme FREMM a bénéficié d'une modification d'une clause afin de permettre le décalage calendaire de la livraison à la Marine militare des neuvième et dixième FREMM : au lieu d'être livrées, respectivement, en 2020 et 2021, elles le seront finalement en février 2025 et en août 2026. Les fonds égyptiens financent la pose de la quille de deux nouvelles frégates.

     Mais cette modification contractuelle n'a permis que de mettre sur cale deux FREMM GP (General Purpose) et non pas FREMM ASW (Anti-Submarine Warfare). Il a été lancé, au début de l'année 2021, une « critical design review » afin de procéder au traitement des obsolescences matérielles et technologiques de la variante italienne du programme FREMM car les études détaillées de ces bâtiments furent menées, pour l'essentiel dans le cadre de la coopération franco-italienne, entre 2003 et 2005.

     Les rumeurs transalpines affirment donc que les futures FREMM n°9Spartaco Schergat (2025 ?) - et FREMM n°10Emilio Bianchi (2026 ?) bénéficieront de deux évolutions architecturales dont la première est le traitement des obsolescences identifiées et retenues pour des actions modificatives à partir des solutions matérielles du programme PPA (7). Peu de choses, voire rien ne semble filtrer quant aux choix de ces matériels des PPA à transposer à ces deux FREMM. La deuxième consiste dans l'intégration d'un sonar remorqué à immersion variable (Variable Depth Sonars (VDS) Actif à Très Basse Fréquence (ATBF) CAPTAS 4249 (Thales).

L'intégration du CAPTAS 4249 (Thales) permet de compléter la suite ASM des FREMM GP. Et cela répond à un constat qui emporte quelques inquiétudes en Italie : le remplacement des frégates anti-sous-marines classe Maestrale (8) par le programme FREMM (10) n'avait abouti qu'à la mise sur cale de seulement quatre FREMM ASW (Virginio Fasan (2013), Carlo Margottini (2014), Carabiniere (2015) et Alpino (2016). Le programme PPA délivrera deux bâtiments aptes à la lutte ASM par sa variante Full (Giovanni delle Bande Nere (2024 ?), PPA n°7 (2026 ?).  Afin d'assurer la soudure, trois frégates de la classe Maestrale (Grecale (1983), Libeccio (1983), Zeffiro (1985) demeurent en service, malgré un âge canonique et la forte activité de la construction navale militaire italienne.

     L'éventuelle décision de la Marina militare si ces rumeurs devaient être confirmées, à l'aune de la structure de la flotte de surface, serait alors parée des plus beaux atours de la logique afin de renforcer le segment ASM. De précédentes discussions ne laissent pourtant pas entrevoir une telle décision car il avait été argué qu'une « transformation » ou « conversion » de FREMM GP en FREMM ASW n'était pas un chantier aisé... en débutant le chantier avec des bâtiments existants. Il s'agissait de pouvoir ajouter des consoles dédiées à la lutte ASM au central opérations, de faire évoluer le système de combat (Combat Management System (CMS) sur les plans logiciel et matériel, avec de potentiels nouveaux câblages, d'intégrer des installations supplémentaires dans des espaces qui n'ont pas été forcément adaptés sur le plan structurel pour ce faire. Chantier complexe.

Et c'est pourquoi il était plutôt attendu une commande supplémentaire de PPA Full ou bien l'adaptation, voire la légère refonte de PPA Light + pour lesquels il s'agissait de l'ajout d'installations supplémentaires.

     Toujours dans cette hypothèse, il s'agira d'observer à l'avenir quelle est l'étendue des études menées dans le cadre de la « critical design review » (2021) de la FREMM GP afin de pouvoir déterminer si elles constituent le prélude à une légère refonte de plusieurs, voire de la totalité des FREMM GP. La Marina militare atteindrait le remplacement, nombre pour nombre, des Maestrale (8) avec ces FREMM n°9Spartaco Schergat (2025 ?) - et FREMM n°10Emilio Bianchi (2026 ?) de la variante hybride GP/ASW. Mais le besoin opérationnel sera-t-il entièrement couvert ?

     À titre de comparaison, la Marine nationale, dans la maquette Marine 2015, identifiait une trame frégates forte de douze frégates de premier rang dont quatre frégates de défense aérienne (F11) et huit frégates anti-sous-marines (F12). La trame actuelle consiste dans quinze frégates de premier rang dont treize sont, de facto, des frégates anti-sous-marines : même les FREMM aux capacités de défense aérienne renforcées.

     Il y a fort à parier que cela alimentera les débats italiens quant à la forte disparité de la flotte de surface qui, si elle n'est bâtie que sur deux programmes (FREMM (10) et PPA (7), elle se partage en pas moins de cinq variantes, voire six avec cette potentielle variante hybride. Il y a quelques critiques quant à l'existence de la variante Light + vis-à-vis de unités de la variante Full des PPA alors même que les postures anti-sous-marine et de défense aérienne sont perçues comme trop faibles. C'est pourquoi les premiers arrêts techniques majeurs et l'émergence des premières suites de lutte anti-sous-marine entièrement fondées sur les sonars ultra-basse fréquence pourraient être l'occasion d'un grand aggiornamento matériel car les programmes PPX/EPC et DDX ne viendront pas modifier l'état de ces deux postures (PPX/EPC) ou bien devant glisser sur le plan calendaire jusqu'à préparer la succession (DDX).

 

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