Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





30 octobre 2019

Hukbóng Dagat ng Pilipinas : acquisition d'une capacité sous-marine (2018 - 2022)

© DCN.
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     La marine des Philippines (Hukbóng Dagat ng Pilipinas) porte depuis 2012 l’ambition d'acquérir une capacité sous-marine : soit deux à six sous-marins selon les projets. Le programme est mis sur les rails en 2015. Il devrait être exécuté dans le cadre de la deuxième phase (2018 - 2022) du plan quindécennal (2012 - 2027). Plusieurs constructeurs de sous-marins se sont positionnés sur ce projet.

 

     Les forces armées des Philippines bénéficiaient d'un effort politique majeur dès 1995 par le vote de la loi n°7898. Elle alloue un budget spécifique pour l'exécution d'un vaste plan de modernisation dont la marine (Hukbóng Dagat ng Pilipinas) avalait la plus grande partie. L'exécution devait s’accomplir entièrement en 2017. Des bâtiments de seconde main sont acquis entre 1993 et 1998. Une partie d'entre eux bénéficient de fonds pour l'entretien et les réparations entre 1996 et 2000. Ce sont principalement des patrouilleurs, quelques corvettes et des unités amphibies qui servent à soutenir les revendications de zones économiques exclusives des Philippines face aux velléités chinoises.

 

Depuis 2010, les États-Unis dans le cadre de leurs efforts pour défendre la liberté de navigation tel qu'elle est énoncée dans la convention de Montego Bay (entrée en vigueur en 1994) et refuser par « proxys » la constitution, dans les mers de Chine, d’un glacis chinois transfèrent plusieurs anciennes unités déclassées de l'US Coast Guard dont des cutters de classe Hamilton dans le cadre du programme Excess Defence Articles (EDA).

 

     Le président de la République des Philippines, M. Benigno Aquino II, énonçait dans le Revised Armed Forces Modernization Act un nouveau plan de modernisation des forces armées sur une échelle de quinze années (2012 – 2027) et doté d'un budget de 35 336 millions d'euros (2012). Le lieutenant-commandant Nerelito Martinez, chef d'état-major par intérim des plans et programmes, présentait sa traduction navale en juin 2012 : le plan Philippine Fleet Desired Force Mix (budget de 9092 millions d'euros).

 

Ce plan contiendrait pour la première fois l'objectif d'acquérir une capacité sous-marine, la cible étant de trois sous-marins. Il aurait même été étudié en 2012 de retenir des sous-marins côtiers (500 à 1000 tonnes) au nombre de 4 à 6. Mais le le projet ne semblait pas recevoir le moindre commencement d'exécution. Le major général Gregorio Pio Catapang fait une allusion,  en octobre 2013, au projet en dissertant sur les avantages et inconvénients des deux types de propulsion (classique et nucléaire) pour les sous-marins. Le programme sous-marin n'est lancé qu'en 2015 par la marine des philippines.

 

Pour la première fois depuis 1946, les Philippines publient son premier document portant sa stratégie de sécurité nationale. Intitulé Security and Development for Transformational Change and Well-being for the Filipino People, il met l'accent quant au développement de l'armée de l'air et de la marine dans le cadre géographique qu'est l'archipel des Philippines.

 

Le vice-amiral Robert Empedrad, « flag officer » ou chef des opérations nationales, demandait l'inscription immédiate de l'acquisition dans la capacité sous-marine, ce qui est soutenu par le Department of National Defense (DND). La deuxième phase (2018 – 2022) du plan quindécennal adopté en 2012 engage donc l'acquisition de la capacité sous-marine mais dont la cible en nombre d'unités est révisée de trois à deux sous-marins.

 

     La Russie propose son assistance pour l'obtentien d'une telle capacité sous-marine par la marine philippinaise et les deux pays négocient un memorandum of understanding depuis août 2018. Il aurait laissé douze mois à Manille pour se prononcer mais aucune décision n'a donc été prise depuis août 2019. La Russie a reproposé son offre en octobre 2019. Par là, il s'agit très probablement d'entendre le projet 636.3, c'est-à-dire celui qui a été récemment commandé par le Vietnam (6), la Fédération de Russe pour ses flottes de la mer Noire (6) et du Pacifique (6) ainsi que par l'Algérie (2).

 

     Dès 2016, la marine japonaise effectue une escale à la base navale de Subic Bay avec deux destroyers, les JS Ariake et JS Setogiri, ainsi que le sous-marin Oyashio (premier de sa classe de onze sous-marins). Et sa présence n'est pas sans évoquer tant un signal à l'endroit de la Chine qu'une possible opportunité de présenter le savoir-faire japonais en matière de sous-marins aux autorités philippinaises. Aucune manifestation publique de discussions entre Manille et Tokyo ne semble avoir été recensé. Le Japon recherche toujours une première expérience de vente de sous-marins à un Etat étranger, en particulier dans sa stratégie pour contrer la Chine.

 

     Le secrétaire État philippin à la Défense, Delfin Lorenzana, déclarait, le 24 juillet 2019, au cours d'une interview donnée à la Philippine News Agency que « The Scorpene is one of the submarines being evaluated by the Armed Forces of our country ». Il n'est pas dit si Naval group a pu présenter officiellement le Scorpène aux autorités philipinaises. La version du Scorpène n'est pas précisé mais doit probablement être le Scorpène 2000 plutôt que le Scorpène 1000, l'ancien SMX-24 Andrasta. Naval group n'a pas remporté de contrat dans la région depuis la commande malaisienne en 2002 et les échecs à Singapour et en Indonésie. Sauf si l'on tient compte de la commande australienne pour 12 Barracuda conventionnels (version à propulsion classique des sous-marins nucléaires d'attaque de classe Suffren).

 

     La Hukbóng Dagat ng Pilipinas (marine) étudierait aussi les offres d'autres constructions de sous-marins dont celles de l'Allemagne, de la Corée du Sud et du Japon sans que celles-ci reçoivent un témoignagne d'intérêt public (Scorpène 2000) ou des négociations (projet 636.3). Le budget naval philippin demeure très modeste, comme en témoigne les nombreux achats de bâtiments d'occasion, voire des cessions. La cible du programme sous-marin fut révisé de deux à trois. L'offre la mieux-disante ne pourra que l'emporter et il ne serait guère surprenant d'observer une proposition fondée sur des sous-marins d'occasion.

 

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