Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





vendredi 14 février 2020

Ελληνικό Πολεμικό Ναυτικό : configuration finale de la FDI ?

© Ambassade de France en Grèce - Kostas MPEKA. 13 février 2020.
     L'ambassade de France en Grèce diffusait ce 14 féverier 2020 les clichés de la soirée du 13 février donnait en l'honneur de la signature d'accords entre Naval group, MBDA, Thales, le GICAN avec des industriels grecs et le SEKPY. La maquette présentée à la soirée paraît figurer la configuration finale des Frégates de Défense et d'Intervention (FDI) destinées à la Marine nationale (5) et à la Marine de guerre hellénique (2). Cela tendrait à faire accroire l'idée que si le contrat portant acquisition des FDI n°1 et 2 grecques n'a pas été signé, tous les signaux sont verts. Reste à observer si cette coopération industrielle augure de l'acquisition des FDI n°3 et 4 que la Grèce paraît toujours désirer.

Les points structurants des discussions franco-grecques étaient la nécessité d'aller vite car dans l'optique d'une potentielle commande de quatre FDI les commandes d'approvisionnement à long terme devaient être passées aux industriels concernés avant le 31 janvier 2020. C'est pourquoi il est très probable que la maquette présentée à l'ambassade de France puisse présenter la quasi-totalité des caractéristiques attendues pour les FDI destinées à la Grèce qui ne différeront que sur de rares points de la version Marine nationale.

En débutant par la plage avant, il est possible de constater que ces frégates bénéficieront d'une pièce 76 mm/62 calibres STRALES / DART (2004) d'OTO Melara en remplacement de la précédente version (76 mm/62 calibres Super Rapido (1985). La Marina militare remplace actuellement ses 76 mm/62 calibres Super Rapido par ces nouveaux systèmes.

Le 76 mm/62 calibres STRALES / DART se compose d'une version améliorée du 76 mm/62 calibres Super Rapido et d'obus spécialisés dans la lutte anti-missile. Le 76 mm/62 calibres Super Rapido évolue par l'adjonction d'une conduite de tir Dardo-F appuyé par un radar NA-25X en bande Ku projettant quatre faisceaux, deux pour illuminer et poursuivre la cible, deux autres pour suivre l'obus tiré à son encontre. L'obus guidé DART (Driven Ammunition Reduced Time of flight) sont chambrées en 42 mm et insérées dans un adaptateur de 76 mm afin de pouvoir être tiré par la pièce. Chaque obus manœuvre par six ailerons grâce aux ordres reçus par récepteur radio afin de corriger sa trajectoire jusqu'à la cible.

Le 76 mm/62 calibres STRALES / DART atteint une portée pratique de jusqu'à 8000 mètres avec une vitesse en sortie de bouche portée à 1200 m.s-1 contre 900 m.s-1 pour la version précédente. La pièce peut tirer au coup par coup ou par rafale d'obus guidés contre un missile car l'intérêt du système est sa faculté à tirer des coups multiples contre un seul et même missile assaillant. Autant de caractéristiques qui le voit prétendre à concurrencer les CIWS (Close-In Weapon System), grand point d'attention de la marine grecque.

La Marine nationale aurait consenti à adopter cette pièce d'artillerie. Une partie des 76 mm des FDI françaises devaient provenir des FREMM n°9, 10 et 11 dont la commande fut annulée sans que le contrat d'approvisionnement auprès de l'industriel italien puisse être renégocié. Néanmoins, les 76 mm/62 calibres Super Rapido peuvent être portés au standard STRALES / DART par grâce à un lot de modernisation prêt-à-monter. Il sera intéressant d'observer si après avoir étendu le nombre de plateformes employant l'ASTER 30, l'adoption d'une pièce à haute cadence de tir de 40 mm, la Marine nationale renforcera les qualités intrinsèques de ses 76 mm en matière de défense anti-aérienne.

Le système de lancement vertical sera porté de deux à quatre SYLVER en exploitant la réserve prévue. La marine grecque pour disposer de quatre lanceurs SYLVER se retrouvait dans l'obligation de demander la capacité MdCN (Missile de Croisière Naval), ce qui suppose la présence d'au moins un SYLVER A70. Et ce afin de ne pas diverger de l'effort que la Marine nationale était prête à consentir pour financer les études d'intégration des SYLVER n°3 et 4. Les études se résumeront à relier ces lanceurs au système de combat et aux différents réseaux du bord.

La configuration du système de lancement vertical sera donc commune aux deux marines et les SYLVER (SYstème de Lancement VERtical) panachés ainsi :

  • 3 x SYLVER A50 (24 missiles ASTER 15/30) ;

  • 1 X SYLVER A70 (8 missiles MdCN).

Cela revient à dire qu'il est attendu que la France fournisse à la Grèce un lot de 16 MdCN pour les deux frégates commandées ou à commander, plus un volant de gestion pour l'entretien et possiblement l'instruction. Aucun accord ne paraît avoir été conclu en ce sens s'il fallait s'en tenir à la communication des gouvernements des deux pays. Mais la définition des spécifications des deux frégates et la demande grecque de la fourniture d'une telle capacité depuis plus ou moins l'année 2006 amènent à considérer que cela pourrait être satisfait.

Les antennes de communication satellitaire SYRACUSE (SYstème de RAdioCommunication Utilisant un SatellitE) présentent au pied de la mâture unique au-dessus de la passerelle et à l'arrière du hangar à l'arrière ne sont pas présentes sur la maquette. Et cela paraît logique puisque SYRACUSE est un système français, prévu pour un usage au profit des seules forces armées françaises. Les frégates grecques ne recevraient que les deux antennes de communication satellitaires INMARSAT, visibles ici sur la maquette.

La conduite de tir radar STIR 1.2 EO Mk2 (Thales) sera bel et bien présente dans la configuration commune aux deux marines. Elle agira au profit de pièce d'artillerie et éventuellement des missiles et sera redondante avec une fonction analogue détenue par le radar SeaFire 500.

La mâture unique des FDI françaises et grecques paraît, aux dires de la maquette, présenter les mêmes senseurs de guerre électroniques. Les frégates des deux marines recevraient donc toutes les deux le PASEO XLR (SAFRAN) dont deux exemplaires semble être présents sur la mâture.

Par contre, il paraissait acté que les FDI grecques, à la différence des françaises, reçoivent un système CIWS Mk15 Phalanx 20 mm qui est ici absent de la maquette. Le besoin essentiel par l'intégration d'une pièce d'artillerie anti-aérienne à l'arrière est la couverture du secteur adjacent, le plus faible face à des missiles anti-navires détenant la faculté de choisir la route permettant d'atteindre le secteur le moins défendu.

La Marine nationale se distingue par la préférence au recours à des brouilleurs, même si les FDI n°1 et 2 en seront dépourvues. Néanmoins, l'adoption du RAPIDFire Naval au profit des BRAVE et très probablement à celui des Patrouilleurs Océaniques (PO) préfigure peut être une potentielle intégration sur FDI, sur le même roof, ce qui supposerait de déplacer l'antenne SYRACUSE et que cette dépense soit en concurrence avec d'autres (leurres et brouilleurs).

Et il ne semble pas être prévu que des brouilleurs de fortes dimensions et puissances soient exportés. Et dans le même ordre d'idées, la maquette ne présenterait qu'un seul système de leurres en deux lanceurs. Il pourrait s'agir du SYLENA (LaCroix).

Un premier CIWS Mk15 Phalanx 20 mm sera disposé sur le roof dominant le hangar aéronautique. Ils devaient être prélevés sur les frégates grecques de la classe Elli qui possèdent, chacune, deux de ces systèmes. En prélude à l'admission au service actif des FDI grecques, deux frégates de cette classe seront désarmées et les candidates les plus probables, au sens des plus âgées, sauf si d'autres sont plus usées, sont les Aigaion (1993 - 2024 ?) et Adrias (1993 - 2026 ?).

Il est possible de s'interroger sur l'intégration d'un CIWS Mk15 Phalanx 20 mm au-dessus de la passerelle, ce qui suppose que son toit soit prévu pour supporter le poids d'un tel système et que son utilisation ne soit pas rédhibitoire avec le système de lancement vertical disposé sur la plage avant.

C'est moins visible sur la maquette mais la plateforme hélicoptère sera légèrement refondue afin que ses installations aéronautiques permettent l'intégration des hélicoptères de lutte anti-sous-marine S-70B-6 Aegean Hawk en dotation dans la marine grecque.

Il était toujours question fin 2019 que deux FDI supplémentaires soient construites en Grèce mais leur cas ne semble pas entrer dans le format de l'actuelle négociation. Elles seront peut-être visées par un programme séparé. Et les quelques accords industriels signés en ce mois de février n'indiquent pas qu'une décision en ce sens ait pu être prise. Mais ils facilitent la bascule en cas de commande avec de premières commandes à passer à l'industrie grecque. Par ailleurs, fin 2019 il était dit que l'enveloppe pour les FDI n°1 et 2 grecques bénéficiaient d'une enveloppe de 1320 millions d'euros. Celle-ci aurait bondi à plus ou moins 2000 millions d'euros selon certaines sources. Il s'agit peut être là d'une première indication.

Les FDI françaises appartiendront à la classe Amiral Ronarc'h et seront livrées entre 2023 et 2029. Les deux frégates grecques devant être mises sur cale à Lorient pourraient être livrées en en 2024 et 2026.

Par Ioannis NIKITAS (Defense review) et Thibault LAMIDEL


4 commentaires:

  1. Avec l'arrivée du 76 Strales/Dart en pièce avant de la FDI, on se demande si la nécessaire pièce arrière ne devrait pas être plutôt le tout nouveau 76 mm Sovraponte visible sur le PPA Thaon du Revel récemment lancé et dont la munition spécifique est justement le Dart sous calibré.

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    1. L'avantage présentée par le RapidFire Naval selon les mots du CEMM est qu'il permet de faire coïncider besoin opérationnel et filière industrielle. Mais l'absence d'obus crédible quant à la lutte anti-missile est d'ores et déjà un frein à son installation à l'arrière. Et dans cette perspective, il s'agirait de s'interroger sur les coûts associés au Sovraponte, vis-à-vis de la filière 76 d'OTO-Melara.

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  2. Pour mémoire, il y avait initialement un projet d'obus guidé pour le 40CTA utilisant un des Dards du missile Startrek de Thales.

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    1. Merci pour l'information que je ne connaissais absolument pas. Je vais aller potasser le sujet car je suis très curieux de connaître et comprendre les rationalités de la proposition de Thales.

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