Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





21 février 2020

Marine nationale : livraison du 1er lot de torpilles lourdes F21

© Naval group.
     Hervé Guillou, Président Directeur Général (PDG) de la société Naval group, donnait une conférence de presse au siège de l'industriel à Paris. Faisant, notamment, le bilan de l'année 2019, Hervé Guillou dévoilait qu'un premier lot de torpilles F21 a été livré et accepté par la Marine nationale à la fin du mois de novembre 2019 et que d'autres suivront au cours des prochains mois, des prochaines années. La Marinha do Brasil a été livré sur la même période également d'un premier lot.

Dans l'optique d'assurer le remplacement des torpilles lourdes F17P Mod. 2, le programme Artémis était lancé en 2008. Il fut également dénommé Futur Torpille Lourde (FTL) et les deux noms étaient parfois employés simultanément. Et c'est finalement l'appellation de F21 qui fut retenue.



F17 Mod 1 
F17 Mod 2 
F17P Mod 2 
Artémis - FTL - F21 

DTCN 
DTCN 
DTCN 
Naval group 
Mise en service 
1971 
1990 
1988 
2020 
Dimensions générales 
Diamètre (mm) 
533 
533 
533 
533 
Longueur (mm) 
5914 
5384 
5620 
6000 
Masse (kg) 
1428 
1397 
1397 ? 
1550 
Capacités de navigation 
Batterie 
Argent - zinc 
Argent - zinc 
Argent - zinc 
oxyde d’argent/aluminium 
Propulseur 
Hélice contrarotative 
Hélice contrarotative 
Hélice contrarotative 
Hélice contrarotative 
Vitesse (nœuds) 
35 
40 
35 
+ 50 

Portée (km) 

18,5 

20 
29 (24 nœuds - filoguidage) 

18 (35 nœuds - autonome) 

57 
Immersion (m) 
500 
600 
> 600 
- 1000 < ou - 10 < 
Guidage 
Filoguidée 
Oui 
(1ière FR) 
Oui 
(cuivre) 
Oui 
(cuivre) 
Oui 
(fibre optique) 
Senseurs 
Sonar passif 
(Thomson CSF) 
Sonar actif / passif 
(Thomson CSF) 
Sonar actif / passif 
(Thomson CSF) 
Sonar actif / passif 
(Thales) 
Anti-navire 
Oui 
Oui 
Oui 
Oui 
Anti-sous-marin 
Non 
Oui 
Oui 
Oui 
Capacité de destruction 
Charge 
250 kg HBX-3 
(équivalent 450 kg TNT) 
250 kg HBX-3 
(équivalent 450 kg TNT) 
250 kg HBX-3 
(équivalent 450 kg TNT) 
200 kg 
Cast-PBX B2211D
 

La revue de conception détaillée du programme Artémis – FTL glissait de l'année 2006 à 2013. Une grande partie de ce glissement calendaire s'explique par un premier retard de deux années pour le lancement des études (2006 – 2008) puis par l'échec de la coopération franco-italienne (2008 – 2010) dont l'objet était l'adaptation de la torpille lourde Black Shark aux besoins français.

Une coopération franco-allemande remplaçait la précédente. Naval group coopérait avec Atlas Elektronik. L'industriel allemand apporte la propulsion de la future F21. La conception des batteries fut confiée à SAFT (Société des Accumulateurs Fixes et de Traction). Ses éléments sont constitués de cristaux de soude. L'énergie n'est produite que par réaction des cristaux de soude avec l'eau de mer inondant la batterie après le lancement de la torpille. Il se dégage alors une chaleur intense par électrolyse.

Ce choix technologique permet de garantir qu'une F21 à l'état inerte ne présente aucun risque. Et cela participe de la politique des MUnitions à Risques ATténués (MURAT) devant servir à bord des bâtiments à propulsion nucléaire de la Marine nationale.

Les premiers prototypes de la F21 bénéficiaient de la conduite d'une vingtaine d'essais dès 2013 à bord du Pégase de Naval group. Au moins un tir d'une F21 d'expérimentation était effectué depuis un sous-marin nucléaire d'attaque de classe Rubis en avril 2015. Les premiers tirs de validation des performances intervenaient au cours de l'année 2016. Les tirs de qualification furent menés entre 2017 et 2018 à bord d'au moins un Rubis.

L'industriel précisait ce matin que depuis la reprise des tirs en 2017, les effectifs de l'usine à torpilles de Gassin (Var) ont été fortement augmentés afin de pouvoir regagner toutes les compétences perdues. En France une nouvelle torpille lourde n'a été mise à l'étude que tous les 30 à 35 ans, ne permettant pas la transmission des savoirs et compétences.

La cible finalement arrêtée pour ce programme est de 93 torpilles lourdes F21 dont 65 furent effectivement commandées en 2017 et les 28 suivants devaient l'être depuis. Et il s'ajoute à celles-ci pour l'entraînement un contrat de prestation de services d'une durée de six années dévolu à Naval group. Il avait été initialement prévu de commander douze torpilles d'exercice puis seulement deux cibles. Il est réaffirmé que les qualités intrinsèques recherchées dans la F21 expliquent partiellement les difficultés et donc les retards. Mais que la nouvelle torpille lourde surpasse toutes les autres.

Le coût total du programme – comprenant études, expérimentations, essais et fabrications des torpilles – était estimé en 2017 à 557 millions d'euros, c'est-à-dire 578 millions d'euros en données corrigées de l'inflation (2019).

Le premier lot de torpilles lourdes F21 opérationnelles était attendu depuis 2015. La livraison fut repoussée à 2017 puis 2018. Et c'est finalement en novembre 2019 qu'un premier lot de six F21 fut livré à la Marine nationale. L'ancien calendrier du programme visait des livraisons entre 2016 et 2023. Il restera 87 torpilles à livrer et le nouveau calendrier (2019 – 2027 ?) n'a semble-t-il pas encore été dévoilé, bien qu'il soit logiquement confirmé que d'autres livraisons interviendront au cours des prochains mois.

En supposant un décalage dans le temps de l'ancien calendrier des livraisons (2016 – 2023), et après ce premier lot, il est possible de s'attendre à ce que les 87 torpilles lourdes F21 suivantes soient livrées entre 2020 et 2027. Elles remplaceront progressivement les torpilles F17P Mod. 2 des SN2G de la classe Le Triomphant et équiperont chacun des six sous-marins nucléaires d'attaque de la classe Suffren dont quatre seront livrés entre 2020 et 2025. Il ne semble pas encore arrêté le nombre de Rubis qui bénéficieront de l'intégration de la F21.
 
 

6 commentaires:

  1. Bonjour , pourriez vous me donnez quelques précisions ,d 'abord sur cette torpille : peut elle maintenir une vitesse de 50 nœud à la portée de 57 km du tableau ? et une autre sur la mission anti sous-marine des torpilles de nos SNA ,une torpille légère (qui je sais n 'est pas du même diamètre ,ni de même portée) ne serait elle pas plus adaptée dans ce rôle ? merci d 'avance.

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  2. Mich,

    Bonjour, cela n'est pas précisé mais il se devine que la vitesse maximale ne peut être soutenue jusqu'à la portée maximale. Les vitesses ne sont peut être pas les mêmes que la torpille soit filoguidée ou non. Et dans la majeure partie des cas, il est probable que la vitesse maximale soit réservée à l'interception après une phase de transit aussi discrète que possible.

    La question de la torpille légère ne se posera probablement pas pour de la lutte anti-sous-marine contre d'autres sous-marins mais probablement contre l'ensemble des moyens de robotique navale. Et une torpille comma la Mu90 est probablement encore trop grosse pour ce type d'usages.

    Bien cordialement,

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  3. bonjour, une question qui me taraude au fil des lectures sous marines : pourquoi 533 mm de diamètre pour les tubes ? le mec du début qui n'avait qu'un gabarit de 533 et tout le monde l'a copié (même les soviets ont du 533) ? ou c'est plus subtil ?
    merci

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    1. Monsieur,

      Bonjour, très honnêtement je ne me suis jamais penché sur la question. Et je ne saurais pas vous dire pourquoi les diamètres des tubes lance-torpilles se sont cristallisées autour des 400, 533, 550 et 650 mm, malgré des différences culturelles évidentes.

      Il y a très certainement une genèse de ces armes tactiques à (re)faire pour trouver les points de convergence qui, "à main levée", me paraissent être antérieurs même à l'OTAN, par exemple.

      Bien cordialement,

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    2. 533 mm = 21 pouces, cela vient des anglais puis des américains
      660 mm = 30 pouces
      Les français avant guerre et un peu après utilisait des valeurs juste en unités métriques tout comme le font les russes et le faisait les japonais avant guerre (650 mm). En occidents, ce sont les standardisation OTAM qui amène à adopter les diamètres de 533 mm pour les torpilles lourdes et 324 mm (12.75 inches sic!) pour les torpilles légères

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  4. Il m'avait semblé avoir vu un article sur plusieurs version de la F21 car elle serait modulaire de base. Une version d'entraînement avec une batterie rechargeable et un système de récupération a la place de la charge. Une version reconnaissance drone. Plus de nouvelles en tout cas.

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