Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassĂ© Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en IndonĂ©sie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandĂ©e par l’amiral britannique Somerville, prendra part Ă  trois autres opĂ©rations visant des bases navales ennemies. AprĂšs 52 mois passĂ©s en mer, le bĂątiment rentre Ă  Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau dĂ©ployĂ© en Asie du Sud-Est l’annĂ©e suivante, le bĂątiment assistera Ă  la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





23 mars 2021

Royal Navy : đ˜‹đ˜Šđ˜§đ˜Šđ˜Żđ˜€đ˜Š đ˜Ș𝘯 𝘱 đ˜Šđ˜°đ˜źđ˜±đ˜Šđ˜”đ˜Șđ˜”đ˜Șđ˜·đ˜Š 𝘈𝘹𝘩

© Defence in a Competitive Age, p. 47.

     La Global Britain in a Competitive Age: the Integrated Review of Security, Defence, Development and Foreign Policy (2021, 114 pages) a Ă©tĂ© publiĂ©e dans la foulĂ©e de l'allocution prononcĂ©e devant la House of Commons par le Premier minister, M. Boris Johnson (24 juillet 2019). Les conclusions de cette stratĂ©gie intĂ©grale sont transposĂ©es Ă  la stratĂ©gie militaire par le document Defence in a competitive age (2021, 76 pages). Les dĂ©cisions du gouvernement de Sa Gracieuse MajestĂ© quant aux formats des ArmĂ©es britanniques semblent avoir largement privilĂ©giĂ© la Royal Navy qui bĂ©nĂ©ficie de moins de « cuts », malgrĂ© une hausse de 27,85 milliards d’euros aux 218,12 milliards d’euros initialement prĂ©vus pour les quatre prochaines annĂ©es. Mais bien des problĂ©matiques (ressources humaines, prĂ©paration opĂ©rationnelle) demeurent et de maniĂšre trĂšs surprenante certains programmes ne sont pas mis en exergue dont l’Extra large unmanned underwater vehicle (XLUUV) seulement citĂ©.

     L' « Integrated Review », du point de vue de la caractĂ©risation de la scĂšne internationale, confirmait le bien fondĂ© des alliances classiques avec les États-Unis et l'intĂ©gration au sein de l'Alliance atlantique et les liens particuliers forgĂ©s avec la France. L'Union europĂ©enne n'est pas citĂ©e car l'Europe est identifiĂ©e de maniĂšre vague comme le « partenariat europĂ©en ». Sont rangĂ©s parmi les menaces la Russie, dĂ©signĂ©e comme « la menace directe la plus grave pour le Royaume-Uni » (p. 26), et la Chine est identifiĂ©e comme Ă©tant un « systemic competitor » dont la « puissance croissante [...] son affirmation internationale seront probablement le facteur gĂ©opolitique le plus important des annĂ©es 2020 » (p. 26). Mais le rĂŽle de PĂ©kin est analysĂ© sous l'angle du dĂ©fi gĂ©opolitique, et donc Ă©conomique, contrairement Ă  Moscou perçue comme une menace gĂ©ostratĂ©gique.

     Sur le plan de la stratĂ©gie militaire, Londres se dĂ©crit comme voulant atteindre le rang de « Global Britain », c'est-Ă -dire l'Ă©chelon entre « super power » et puissance moyenne Ă  vocation mondiale, donc un cran au-dessus de la France. Le rayonnement gĂ©ographique s'arrĂȘte donc entre le thĂ©Ăątre Indo-Pacific, citĂ© 25 fois, et tous les « British overseas territory » en passant par l'espace otanien. Les ArmĂ©es britanniques continueront Ă  dĂ©tenir toutes les capacitĂ©s du spectre des opĂ©rations - « across all 5 domains –space, cyberspace, maritime, land and air » (p. 12) - mais Ă©volueront « from a force that is primarily designed for the contingency of a major conflict and warfighting, to one that is also designed for permanent and persistent global engagement. » (p. 12)

     La rĂ©ponse navale est privilĂ©giĂ©e dans Defence in a Competitive Age, contrairement Ă  l'Integrated Review oĂč le fait nuclĂ©aire Ă©tait dominant. Niveau de la mĂ©ta-stratĂ©gie, selon ce qui pouvait ĂȘtre apprĂ©hendĂ© de l'opinion publique britannique : le rang de premiĂšre marine europĂ©enne Ă  ne pas cĂ©der Ă  la France mais aussi la Queen Elizabeth class (2) dont les bĂątiments ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s comme Ă©tant des « super carrier » par le First Sea Lord a irriguĂ© les dĂ©bats. Il Ă©tait perceptible que l'activitĂ© aĂ©ronavale française, en particulier dans ses progrĂšs opĂ©rationnels avec l'US Navy, a agacĂ© dans certains milieux en raison d'un sentiment d'abaissement. La Royal Navy, de maniĂšre consciente et appliquĂ©e vendait littĂ©ralement de la fiertĂ© nationale avec ses porte-aĂ©ronefs STOVL. Et ce sont peut-ĂȘtre lĂ  quelques raisons qui font que la Royal Navy a gagnĂ© son bras de fer contre la British Army qui proposait de n'armer simultanĂ©ment qu'un seul des deux porte-aĂ©ronefs STOVL, en 2020, afin d’obtenir de moindres coupes dans son propre format.

Il est Ă  se demander si le nombre rĂ©duit de « cuts » a trait Ă  l'analyse fonctionnelle ou bien Ă  une manƓuvre sur les perceptions pour revigorer le sentiment national britannique, dans sĂ©quence post-BREXIT. Il y a un parallĂšle Ă  faire entre le rĂ©seau de bases, reflĂ©tant Britannia rules the Waves, la Future Commando Force et le tropisme inavouĂ© d'une nouvelle British Pacific Fleet et le Royaume-Uni rĂ©sistant de 1940, seul au monde, jusqu'au Royaume-Uni triomphant de 1944, assis parmi les Grands et vainqueurs quelques mois plus tard.

     C'est pourquoi il n'est guĂšre surprenant de distinguer le Carrier Strike Group (CSG) comme la force opĂ©rationnelle appelĂ© Ă  monter en puissance sur le plan capacitaire et opĂ©rationnel mais aussi Ă  rayonner jusque dans l'Indo-Pacific. Les deux bĂątiments seront bel et bien armĂ©s simultanĂ©ment. Le nombre de F-35B est arrĂȘtĂ© aujourd'hui aux 48 commandĂ©s et devant ĂȘtre livrĂ©s d'ici Ă  2026. Il avait Ă©tĂ© question d'une cible finale de 136 exemplaires (2015). Une deuxiĂšme tranche pourrait ĂȘtre commandĂ©e et concernĂ©e entre 12 et 24 exemplaires supplĂ©mentaires : pour la seule Fleet Air Arm ? Il ne semble plus question qu'ils rejoignent la Royal Air Force.

     Et pour soutenir le CSG et d'autres groupes navals, le programme Fleed Solid Support (FSS), tirant ses origines du programme britannique Military Afloat Reach and Sustainability (MARS), est confirmĂ© et devra ĂȘtre relancĂ© par un probable troisiĂšme appel d'offres, les deux prĂ©cĂ©dents n'ayant pas vu les deux consortiums ĂȘtre en mesure de faire rencontrer leur offre technico-industrielle avec l'enveloppe financiĂšre allouĂ©e par le ministĂšre. Mais le budget est en hausse sur les quatre prochaines annĂ©es. En attendant, le RFA Fort Rosalie (1978 - 2021 ?) sera finalement dĂ©sarmĂ©.

     Une Multi-Role Ocean Surveillance capability devra permettre au Royaume-Uni d'amĂ©liorer sa capacitĂ© Ă  protĂ©ger les « underwater critical national infrastructure » - et donc Ă  rĂ©parer des cĂąbles sous-marins - mais aussi Ă  amĂ©liorer la capacitĂ© Ă  dĂ©tecter les « threats in the North Atlantic » (p. 50). Cela pourrait se comprendre comme un futur bĂątiment apte Ă  mener des actions jusqu'aux trĂšs grandes profondeurs avec des moyens dĂ©portĂ©s et simultanĂ©ment capable de dĂ©ployer des systĂšmes, passifs ou actifs, pour participer aux moyens de surveillance ocĂ©anique dĂ©ployĂ©s dans l'ocĂ©an Atlantique Nord. Il est Ă  se demander s'il peut exister un lien entre le programme T-ARC(X) Cable Ship, auquel participe BMT, et cette nouvelle capacitĂ© Ă  acquĂ©rir par la Royal Navy.

Il sera mis en place une Future Commando Force, rĂ©sultat des expĂ©rimentations Ă  la mer des annĂ©es 2019-2020, et un « Maritime Special ops » (p. 47).

     Le programme Multi-Role Support Ships (MRSS) - ou « Strategic RoRo » (p. 47) ? - devra ĂȘtre lancĂ© pour matĂ©rialiser les capacitĂ©s dites « Littoral Strike », devant soutenir le dĂ©ploiement de la Future Commando Force mais Ă©galement les unitĂ©s des forces spĂ©ciales, en tant qu'effecteur des moyens de manƓuvre sous le seuil et pour mener la lutte dite anti-terroriste Ă  l'Ă©chelle mondiale.

Et l'un des deux futurs bĂątiments ne sera finalement plus que dĂ©ployĂ© Ă©pisodiquement dans le cadre d'un Littoral Response Group (LRG) - simultanĂ©ment au CSG -, Ă  partir de 2023. D'oĂč les 58,02 millions d'euros Ă  dĂ©penser pour adapter l'un des trois TCD de la classe Bay, au profit de la Future Commando Force. Le 1er Littoral Response Group (LRG) sera dĂ©ployĂ© en 2021, dans le cadre de la Joint Expeditionnary Force, le deuxiĂšme le sera en 2023 sur le thĂ©Ăątre Indo-Pacific. Mais les ambitions prĂ©cĂ©dentes avaient Ă©tĂ© plus hautes avec le stationnement d'un MRSS entre Oman et Singapour.

     La flotte de surface devrait bĂ©nĂ©ficier d'une augmentation de son format des 19 destroyers et frigates (Strategic Defense Review 2010) Ă  24, Ă  l'horizon 2030 selon le Prime minister. Mais il faudrait entendre cela comme le nombre de « surface warships ». Outre les six destroyers Type 45 et les treize frigates Type 23, un nouveau programme, d'ores et dĂ©jĂ  annoncĂ©, sera lancĂ© afin de permettre la hausse dĂ©sirĂ©e du format : la Type 32. Est-ce Ă  dire qu'avec huit Type 26, cinq Type 31 auxquels s'ajoutent les six destroyers Type 45, il y aura cinq Type 32 ? Par ailleurs, s'il est fait allusion Ă  la question du remplacement des RGM-84 Harpoon Block I, par le programme Surface to Surface Guided Weapon (I-SSGW), il n'est en revanche rien dit du programme FC/ASW devant le remplacer Ă  terme, alors que l'horizon de l'entrĂ©e en service des diffĂ©rentes versions des deux munitions est entre 2028 et 2032, soit celui de la Defence in a Competitive Age.

Cette derniĂšre ne serait pas une Ă©lĂ©vation du porteur du systĂšme de guerre des mines du programme MCMM Ă  l'appellation de frĂ©gates. « Type 32 frigates, designed to protect territorial waters, provide persistent presence overseas and support our Littoral Response Groups. » Et eu Ă©gard Ă  d'autres mesures, il s'agirait de comprendre qu'il s'agit d'un concept trĂšs proche des patrouilleurs hauturiers de la classe River batch 1 et batch 2, avec quelques rationalitĂ©s pouvant se recouper avec les frĂ©gates de surveillance jusqu'aux BAM, BPM et mĂȘme Ă  l'European Patrol Corvette.

Deux frĂ©gates Type 23 seront dĂ©sarmĂ©es au titre des coupes : il s'agirait de 2 des 5 Type 23 General Purpose car n'ayant pas reçu modernisation de leurs capacitĂ©s de lutte sous la mer et ne bĂ©nĂ©ficiant pas du programme Life Extension (LIFEX), et devant donc ĂȘtre remplacĂ©es par les Type 31. Et le First Sea Lord, l'Admiral Tony Radakin a indiquĂ© que cette mesure « will enable new classes to enter service more quickly. »  Comment et dans quelle mesure ? La premiĂšre Type 31 doit entrer en service en 2027, ce qui donne une idĂ©e de l'ampleur de l'effort industriel Ă  fournir afin d'accĂ©lĂ©rer la cadence pour engager un nouveau programme de six frĂ©gates sur la pĂ©riode considĂ©rĂ©e (2021 - dĂ©but des annĂ©es 2030).

Le document affirme, à cette fin, que le budget des constructions navales sera doublé pendant quatre ans pour atteindre un rythme annuel de 1971,22 millions d'euros.

     Le programme Mine Hunting Capability (MHC) ne comporte toujours pas fait mention d'un Ă©ventuel bĂątiment-porteur de ce qui est dĂ©nommĂ© Module de Lutte Contre les Mines (MLCM) dans la Marine nationale et qui a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ© dans le cadre du programme MCMM, entre la France et le Royaume-Uni. Il aurait pu bĂ©nĂ©ficier de l'embarquement de toute ou partie des drones Ă  bord de frĂ©gates mais les exigences architecturales paraissent dĂ©passer les possibilitĂ©s offertes, notamment par les Type 31. Il Ă©tait attendu que le Landing Ship Dock Auxiliary (LSDA) RFA Lyme Bay (2007 - 2037 ?) puisse servir au soutien d'un groupe de guerre des mines, voire du MLCM, tout en Ă©tant stationnĂ© dans une base navale de BahreĂŻn.

     Enfin : les destroyers Type 83 devront remplacer ceux de la classe Type 45 Ă  partir du dĂ©but des annĂ©es 2030, ce qui pose fatalement la question de la coopĂ©ration autour du Principal Anti Air Missile System (PAAMS) et d'une potielle future munition qui sera issue de la CSP/PESCO TWISTER (Timely Warning and Interception with Space-based TheatER surveillance) et donc des liens entre Londres et l'Union europĂ©enne. À la remarque prĂšs que cela suppose que les Type 45, et finalement, ne reçoivent pas de lanceurs Mk41 Strike Lengh et donc pas de RIM-161 Standard Missile 3.

     Le dĂ©ploiement de la Fleet sera remaniĂ©, en ce sens que des « OPV » seront basĂ©s en avant, c'est-Ă -dire dans les CaraĂŻbes, aux Falklands, Ă  Gibraltar (« to service both the Mediterranean and Gulf of Guinea ») « and East of Suez in the Indo-Pacific region » (p. 49) : Ă  Oman ? C'est dans la droite lignĂ©e quant Ă  la rĂ©flexion de le faire avec des Type 23 General Purpose : d'oĂč peut ĂȘtre le dĂ©sarmement de seulement deux de ces frĂ©gates contre les quatre attendues. Il s'agira probablement, aussi, de River batch 2, notamment pour les Malouines et les CaraĂŻbes.

Et il est à se demander s'il faudrait voir, entre les bùtiments basés en avant et le programme Type 32, une influence des réflexions américaines, en particulier celles ayant permis la formalisation de la stratégie Advantage at Sea; Prevailing with Integrated All-Domain Naval Power par l'US Navy, l'US Coast Guard et l'US Marines Corps.

Defence in a competitive age (2021, 76 pages) prĂ©cise la dĂ©signation des menaces, en particulier sur le plan naval plus que dans les autres « domain ».

     En ce qui concerne la Chine, le dĂ©fi adressĂ© par le « systemic competitor » touche Ă  la question de la LibertĂ©, entendue particuliĂšrement ici sous l'angle de la libertĂ© d'action, la libertĂ© du commerce et donc, fatalement, de la libertĂ© de navigation - « from International Humanitarian Law to the United Nations Convention on the Law of the Sea » (p. 11) - afin de protĂ©ger « our people, territory, critical national infrastructure and way of life [...] from coercion or manipulation ». (p. 11) Et c'est en cela que « the growth of China’s navy, already the largest in the world, is outpacing all competitors » (p. 9) Il est mĂȘme prĂ©cisĂ© que la RĂ©publique populaire de Chine disposera « as many as five aircraft carriers by 2030 as well as up to four light helicopter carriers, and are supported by the growing fleet of destroyers. ». (p. 9)

     La FĂ©dĂ©ration de Russie est prĂ©sentĂ©e implicitement comme une menace Ă  la libertĂ© de navigation et de communication, comme sublimation du fait naval, en raison du « developing significant underwater capabilities, including deep-sea capabilities which can threaten undersea cables ». (p. 9) Il y est question aussi de « developing significant underwater capabilities, including [...] a torpedo capable of delivering a nuclear payload to coastal targets. » (p. 9) Ce qui amĂšne au point fondamental de l'architecture de sĂ©curitĂ© britannique dans Global Britain in a Competitive Age: the Integrated Review of Security, Defence, Development and Foreign Policy (2021, 114 pages) : l'Ă©quilibre nuclĂ©aire militaire et le relĂšvement du plafond de l'arsenal britannique d'un maximum de 180 tĂȘtes nuclĂ©aires au milieu des annĂ©es 2020 (Strategic Defense Review 2010) Ă  260 tĂȘtes nuclĂ©aires Ă  l'horizon 2030.

Et la RĂ©publique populaire de Chine toujours exclue de ce champ, malgrĂ© le nombre d'analyses concluant Ă  ce que son arsenal est rigoureusement au-delĂ  des 300 tĂȘtes nuclĂ©aires et est donc en croissance.

     Defence in a Competitive Age relĂšve Ă©galement, comme l'Integrated Review, les stratĂ©gies de sanctuarisation agressive et de manƓuvre sur le seuil, et ne peut donc proposer une rĂ©volution conceptuelle en la matiĂšre, alimentant ces faits avec quelques prĂ©cisions capacitaires comme « The development of long-range precision strike capabilities, combined with increasingly capable early warning radar and integrated airdefence systems, will enable states to contest and even dominate airspace in many areas where the UK will need to operate. » (p. 9) Et les exemples proposĂ©s citent nommĂ©ment tant la RĂ©publique populaire de Chine, au sujet du thĂ©Ăątre Indo-Pacifique, que la FĂ©dĂ©ration de Russie, avec pour cette derniĂšre la mention que ces capacitĂ©s sont « a significant threat to the UK’s ability to support our forces and protect our interests in Europe, the eastern Mediterranean and the Middle East. » (p. 10)

Mais cette prose pourrait annoncer des décisions plus spectaculaires que celles contenues dans Defence in a Competitive Age, notamment quant à une refonte CATOBAR partielle, pour opérer des MQ-25 Stingray (Boeing) du programme Carrier-Based Aerial-Refueling System (CBARS) afin de réduire les limites opérationnelles intrinsÚques des F-35B en matiÚre de portée, voire totale si jamais le Royaume-Uni devait bel et bien préparer ce chantier prévu à mi-vie dans l'optique d'ouvrir la voie à la navalisation du Tempest (2035 - 2040).

     L'Organisation du TraitĂ© de l'Atlantique Nord (OTAN ou North Atlantic Treaty Organization (NATO) bĂ©nĂ©ficiera de « our ability to contribute to it a high end warfighting force useable against a peer opponent, will remain central to our policy. » (p. 12) Au profit d'une Alliance atlantique dont le fondement demeure ĂȘtre son article 5, alliance avec les États-Unis voulue par Londres et Paris et dont l'effectivitĂ© de l'article 5 repose sur le stationnement d'unitĂ©s militaires amĂ©ricaines pouvant faire l'objet d'un chantage nuclĂ©aire.

Et les engagements britanniques dans l'OTAN, dans la perspective des agissements de la FĂ©dĂ©ration de Russie, Londres retenait la nĂ©cessitĂ© « To improve our ability to manage and de-escalate a multi-domain crisis, reflecting the increased intensity of competition from our potential adversaries and the more complex range of routes for escalation, including to nuclear coercion. The UK will run a series of national, strategic-level exercises to test resilience and our ability to navigate crises. We will actively support similar NATO and EU-NATO exercises. » dans Global Britain in a Competitive Age: the Integrated Review of Security, Defence, Development and Foreign Policy (2021, p. 72).

Cela se traduit concrĂštement sur le plan naval par « A UK CSG will be permanently available to NATO, an embodiment of our unwavering commitment to the defence and deterrence of the Euro-Atlantic area. » (p. 14) Cela conforte, sur le plan interne, la Royal Navy car ses porte-aĂ©ronefs STOVL seront donc employĂ©s au maximum de leur disponibilitĂ© matĂ©rielle (80%) afin de fournir en permanence une telle force devant donc participer Ă  la libertĂ© de navigation dans l'ocĂ©an Atlantique Nord par la maĂźtre des mers mais Ă©galement servir potentiellement au renforcement d'un flanc de l'OTAN. Il est citĂ© nommĂ©ment que Londres participera par des « contributions to NATO naval groups in the Euro-Atlantic area » (p. 16), ce qui suppose la participation Ă  plusieurs groupes navals et donc de savoir si cela se restreindra aux Standing NATO Mine Countermeasures Group One (SNMCMG).

Et c'est ici qu'il s'agit de placer « our Joint Expeditionary Force (JEF) partners, Denmark, Estonia, Finland, Latvia, Lithuania, the Netherlands, Norway, Sweden and from spring 2021, Iceland. » (p. 20) L'intĂ©rĂȘt de cet force essentiellement amphibie pour Londres est de permettre d'apporter Ă  ces membres de l'OTAN une capacitĂ© de rĂ©ponse face Ă  des « sub-threshold competition » (p. 28) et une capacitĂ© de gestion de crise. Il serait donc implicitement visĂ© tous les Ă©vĂšnements ayant eu lieu depuis l'annexion de la CrimĂ©e, voire depuis la DeuxiĂšme guerre d'OssĂ©tie du Sud (7 - 16 aoĂ»t 2008) car la Mer demeurait la seule artĂšre, avec l'Air, disponible pour acheminer forces et puissance pour contrer les agissements russes.

Ce qui pose, en creux, la question devenir la force aéromécanisée britannique afin de savoir si sa projection en Europe et dans un cadre otanien se fera exclusivement par moyens aériens et maritimes ou bien si la réduction du format de la British Army sera compensée par un stationnement sur le continent. La Future Commando Force est dimensionnée pour des coups de main, pas pour la prise de vives forces d'une cÎte défendue.

   

3 commentaires:

  1. Un résumé possible:
    Dans les annĂ©es 2030-2035 le RN sera au top, promis jurĂ©. En attendant, et pour financer ce renouveau, baisse sensible des capacitĂ©s. Sauf en missiles balistiques/tĂȘtes nuclĂ©aires. Ne pas oublier: le F35B est parfaitement adaptĂ© aux portes-hĂ©licoptĂšres sur-dimensionnĂ©s QE2 et PoW.
    Quand la RN se réveillera, la Chine tremblera.

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  2. Le programme est impressionnant et semble clairement fait pour faire sonner les cordes toujours sensibles des souvenirs impĂ©riaux britanniques. En revanche, sa faisabilitĂ© financiĂšre interroge sĂ©rieusement. Serait il possible d'avoir une analyse sur ce point, au regard du coĂ»t d'efforts de construction similaires en Europe (Italie, France mĂȘme..) ?

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    1. Madame, Monsieur,

      Bonjour, nous sommes beaucoup à attendre de pouvoir bénéficier de l'esquisse financiÚre complÚte des mesures énoncées puisque la ventilation des 24 milliards de livres supplémentaires sur les quatre prochaines années ne me semble pas avoir été complÚtement énoncée.

      Les coĂ»ts de construction britanniques semblent ĂȘtre lĂ©gĂšrement supĂ©rieures Ă  la moyenne europĂ©enne, la Type 31, par exemple, a un coĂ»t unitaire ("TTC") de l'ordre des 600 Ă  800 M€, en tenant compte de la R&D, des Ă©quipements Ă  prĂ©lever sur des Type 23 ASW.

      Bien navicalement,

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