Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





23 mars 2021

Sjøforsvaret : signature du contrat pour quatre Type 212 CD à l'été 2021 ?

© TKMS. Type 212CD Expeditionary.

     La Sjøforsvaret a publié un communiqué (« Enighet om ubåtkontrakt », 23 mars 2021) affirmant qu'un accord avait été conclu entre la Norwegian Defence Materiel Agency (NDMA), le Bundesamt für Ausrüstung, Informationstechnik und Nutzung der Bundeswehr (BAAINBw) et ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS) au sujet du projet 6346 (Ny Ubat), comprenant deux autres volets : acquisition conjointe de missiles et développement du futur missile de frappe navale. Avant que la signature des autorités concernées puisse être apposée sur les contrats, l'accord doit être entériné par le Bundestag.

     En réponse à l'appel d'offres lancé en 2015, six chantiers (DSME (KSS-II/KSS-III ?), Fincantieri (Type 212 NFS ?), Naval group (Scorpène évolutions), Navantia (S-80 Plus), SAAB (A26) et TKMS (Type 212 NG) soumirent leur proposition. Seuls deux étaient retenus en 2016 : Naval group (Scorpène évolutions) et TKMS (Type 212 NG). Et finalement TKMS fut sélectionné le 3 février 2017 quelques semaines après que Berlin se soit engagé à commander deux sous-marins du même modèle au profit de la Deutsche Marine qui seraient entretenus en Norvège. Le 30 juin 2017, Berlin et Oslo concluaient un accord bilatéral. Le Type 212 NG devenait ainsi le Type 212 CD (Common Design).

     Berlin proposait un partenariat stratégique concernant l'acquisition de 4 + 2 sous-marins mais aussi la formation des équipages, l'utilisation opérationnelle commune dont les exercices, le soutien tout au long du service opérationnel au sein d'une même base navale (Haakonsvern (Norvège) dont les stocks de rechanges et le développement en commun de certains des systèmes embarqués. S'ajoutait un volet en matière de recherche et développement dans le domaine naval sur des sujets non-précisés. Les deux protagonistes se félicitaient d'un accord liant les deux marines jusque dans les années 2060. La plupart des accords inter-gouvernementaux ont été conclus, ne reste plus depuis 2019 que la formalisation du contrat entre les deux Etats et TKMS.

La coopération proposée se veut être une répétition de celui liant d'ores et déjà Berlin et Rome sur les Type 212A (6 + 4) et ne se veut pas comme concurrente de celle-ci mais complémentaire. Et le discours de TKMS depuis le lancement du Type 212 NG (2014) est qu'il devienne « le prochain sous-marin de l'OTAN », d'où sa proposition aux Pays-Bas et à la Pologne tout en visant étonnamment l'Italie.

     L'Allemagne, le 30 juin 2017, débutait les négociations exclusives entre d'un côté les deux agences étatiques de l'armement, à savoir la Norwegian Defence Materiel Agency (NDMA) et le Bundesamt für Ausrüstung, Informationstechnik und Nutzung der Bundeswehr (BAAINBw), et de l'autre TKMS. Les accords intergouvernementaux avaient semble-t-il était conclus sans difficulté particulière.

Le ministère de la Défense norvégien s'attendait à recevoir une offre contraignante de la part de TKMS mi-2018 et elle ne parvenait que le 30 octobre 2018. Les deux agences d'armement se mettaient à l'étude de l'offre reçue. La première offre était rejetée dans les mois suivants.

TKMS déposait une deuxième offre contraignante actualisée et soumise le 7 juillet 2019 qui ne fut pas non plus jugée satisfaisante. Les négociations se poursuivent dans l'optique de signer un contrat au cours du premier semestre 2020.

TKMS déposait, finalement, une troisième offre contraignante, une nouvelle fois actualisée, en février 2020. Et le gouvernement norvégien confirmait, le 27 avril 2020, avoir entamé des négociations formelles avec TKMS au sujet de cette offre, par l'entremise des deux agences de l'armement des deux pays - La NDMA et BAAINBw - qui, à dire vrai, poursuivaient les négociations entamaient depuis 2017.

En octobre 2020 (Michal Jarocki, « Type 212CD talks hit a snag », Shepard Media, 29 octobre 2020), il fallait pourtant constater que cette troisième offre contraignante n'a pas permis d'accoucher de la signature d'un conrat et donc du lancement des études détaillées du Type 212 CD, dernier préalable avant l'entrée en phase de réalisation du programme, malgré les mois écoulés depuis avril.

     Cette dernière phase de négociations butait quant à l'orientation à donner à l'architecture du Type 212 CD bute pour les parties allemandes et norvégiennes quant à l'application du Naval Submarine Code, extrapolation produite par des membres de l'ISSF à partir du Naval Ship Code de l’INSA. Et l'emploi de ce document devrait se traduire par des choix très concrets comme, et par exemple, l'adoption - ou non - d'une cloison étanche et résistante à la pression de l'immersion au milieu du Type 212 CD afin de compartimenter sa coque résistante et donc de pouvoir lui assurer une meilleure résistance au combat.

     Un des facteurs expliquant la rigidité des négociations : la Norvège s'en tenait à une enveloppe de 4380 millions d'euros (2019) qu'elle présentait comme ne pouvant être dépassée. Et les deux années de glissement du programme projet 6346 (Ny Ubat), voyant le premier bateau devant être livré en 2028 et non plus 2026, a une incidence financière directe quant aux coûts de la modernisation et donc du prolongement au service de quatre des sous-marins de la classe Ula (6).

     La prochaine échéance des négociations germano-norvégiennes était de parvenir à un accord permettant une signature au printemps 2021. L'accord a bel et bien été obtenu au printemps 2021 mais la signature est reportée à l'été 2021, ce qui suppose que le Bundestag se prononce et rapidement et favorablement afin que l'accord ne soit pas suspendu à la formation du prochain gouvernement fédéral puisque les vacances parlementaires débuteront en juillet 2021 et que la rentrée servira presque exclusivement aux Bundestagswahl 2021.

     Cet accord comprend donc la commande de six sous-marins identiques, confirmant les rationalités du résultat de l'appel d'offres (2017), eu égard aux propositions de coopération faites : quatre sont destinés à la Sjøforsvaret, deux à la Deutsche Marine. Le coût total « des sous-marins » selon le communiqué est de : 45 milliards de couronnes norvégiennes, soit 6051,68 millions d'euros. Deux interprétations possibles :

Le programme a été négocié par les deux agences étatiques de l'armement, à savoir la Norwegian Defence Materiel Agency (NDMA) et le Bundesamt für Ausrüstung, Informationstechnik und Nutzung der Bundeswehr (BAAINBw) et il s'agit donc du seul coût du développement et de la construction des six sous-marins.

Deuxième hypothèse, il s'agit du coût du ubåtprosjekter et ce volume financier recouvrirait la seule construction des sous-marins norvégiens, l'acquisition d'armes tactiques, les coûts de mise en œuvre et les provisions pour imprévus.

     Un autre accord a été trouvé quant à l'acquisition conjointe de missiles et le développement du Futur Naval Strike Missile : dénommé à l'origine du programme, Nytt sjømålsmissil, il s'agirait du Naval Strike Missile - Submarine Launch (Kongsberg) qui offre une portée opérationnelle de plus de 200 km. La Deutsche Marine avait témoigné de son intérêt pour cette version du NSM qui demeurait à développer. Néanmoins, il est étonnant que le communiqué de presse le nomme Futur Naval Strike Missile et il y a matière à s'interroger quant à la possibilité que le programme de développement ait bénéficié d'une évolution de son cahier des charges ou bien qu'il puisse s'agir d'une toute autre munition.

     Enfin, les deux années de glissement du programme projet 6346 (Ny Ubat), voyant le premier bateau devant être livré en 2028 et non plus 2026, a une incidence financière directe quant aux coûts de la modernisation et donc du prolongement au service de quatre des six sous-marins de la classe Ula (4). Le communiqué indique que l’année de livraison glisse à nouveau : 2029. 

  

2 commentaires:

  1. Ceci n'est pas un poisson d'avril:
    https://www.agasm.fr/preoccupation-concernant-le-systeme-de-navigation-sous-marin-allemand-sous-controle-russe/

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  2. Vu le prix, on peut dire que c'est un contrat purement politique:
    https://www.air-cosmos.com/article/6-sous-marins-type-212cd-pour-la-norvge-et-lallemagne-25135

    Cnest Kongsberg qui fournirait les missiles anti-navires:
    https://www.air-cosmos.com/article/kongsberg-fournira-les-missiles-antinavires-nsm-et-le-systme-de-combat-orcca-lallemagne-et-la-norvge-25161

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